Jordan Bardella et Marine Le Pen ont réuni une quinzaine de conseillers et d’élus du Rassemblement national les 16 et 17 avril 2026, lors d’un séminaire stratégique à huis clos en région parisienne. Objectif affiché : planifier la campagne présidentielle de 2027. Problème central : personne, au sein du parti, ne sait encore qui en sera la tête d’affiche.
Un candidat suspendu à une décision de justice
L’incertitude tient à un calendrier judiciaire précis. La cour d’appel de Paris rendra le 7 juillet 2026 son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, selon franceinfo. Si l’inéligibilité de Le Pen est confirmée, Bardella deviendrait le candidat par défaut. Si elle est levée, Le Pen entend se présenter. Entre les deux, le parti est contraint de préparer deux campagnes en parallèle, sans arbitrer entre deux projets, deux équipes et deux styles de gouvernement.
Un conseiller de la direction, cité par franceinfo, le formule sans détour : une campagne présidentielle se construit autour d’une personnalité, et les différences de projet, de style et d’entourage seront inévitables selon le nom retenu.
Trois lignes de fracture internes
La tension ne se limite pas au duo Le Pen-Bardella. Selon L’Essentiel de l’Éco, une rivalité structurante oppose Bardella à Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale. Un élu du parti résume : « Ils font semblant de travailler ensemble, mais chacun compte les balles de l’autre. » Tanguy consolide discrètement son influence via son microparti L’Avenir français, dans l’attente d’une éventuelle recomposition. Des cadres marinistes comme Sébastien Chenu lui seraient proches, selon Wikipédia.
Le Pen elle-même aurait posé une ligne de démarcation. Interrogée sur la stature présidentielle de Bardella, elle a publiquement estimé qu’il avait la carrure pour être Premier ministre — formulation interprétée par plusieurs observateurs comme un avertissement à peine voilé à son dauphin, dont la cote dans les sondages dépasse désormais la sienne.
Un congrès en septembre pour trancher
Le parti a fixé au mois de septembre 2026 la tenue d’un congrès destiné à désigner officiellement son candidat, d’après L’Essentiel de l’Éco. D’ici là, le programme électoral restera en suspens : selon un élu cité par franceinfo, l’essentiel ne sera tranché qu’une fois le nom connu. Le RN aborde ainsi la dernière ligne droite avant 2027 sans candidat officiel, sans financement bancaire — aucune banque française ou européenne n’ayant accepté de prêter les 10,7 millions d’euros demandés — et sans QG de campagne.
