C’est une petite révolution dans le monde de l’enseignement supérieur béninois. Par un décret récent, le gouvernement a ouvert la voie à l’intégration de membres des Forces armées et de la Police Républicaine au sein du corps professoral des universités publiques. Il s’agit du décret N°2026-116 du 11 mars 2026 portant conditions d’emploi à la fonction enseignante de personnels des forces de défense, de sécurité et assimilés dans les universités publiques du Bénin. Désormais, ces professionnels de terrain pourront officier en tant qu’enseignants et chercheurs.
Cette mesure, inédite au Bénin, vise à créer une synergie entre le savoir théorique et l’expérience pratique. L’objectif des autorités est d’enrichir la formation des étudiants en les confrontant aux réalités du terrain, notamment dans les domaines stratégiques de la sécurité et de la gestion des crises.
Toutefois, n’entre pas dans l’amphithéâtre qui veut. L’accès à cette fonction est soumis à des conditions rigoureuses pour garantir le maintien de l’excellence académique. Les candidats issus des forces de défense et de sécurité doivent être titulaires d’un doctorat ou d’un diplôme équivalent, obtenir l’aval préalable de leur ministère de tutelle et réussir des tests de sélection exigeants.
L’introduction de ces nouveaux profils ne signifie pas pour autant une militarisation de l’enseignement. Le décret précise que ces enseignants d’un genre nouveau devront se conformer scrupuleusement aux règles et procédures académiques en vigueur. L’exigence de rigueur propre au milieu universitaire demeure la boussole de cette réforme.
En bâtissant ce pont entre ces deux mondes, l’État béninois espère renforcer la qualité de l’enseignement public et mieux préparer les générations futures aux défis sécuritaires contemporains. Une initiative qui marque une volonté de modernisation et d’ouverture de l’expertise nationale au profit de la jeunesse estudiantine.



