Françafrique : Dominique de Villepin aurait reçu des cadeaux de Blaise Compaoré

Deux statuettes représentant Napoléon Bonaparte, d’une valeur totale de 125 000 euros, auraient été offertes à Dominique de Villepin alors qu’il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères au début des années 2000. L’émission Complément d’enquête, diffusée ce jeudi soir sur France 2, révèle que ces objets auraient été financés par Blaise Compaoré, ancien président du Burkina Faso, et par l’homme d’affaires italo-africain Gian Angelo Perrucci.

Selon les informations produites par l’émission, le premier objet — un buste signé du sculpteur Charles Louis Corbé — aurait été acquis pour 75 000 euros par Blaise Compaoré, tandis qu’une seconde statuette représentant l’empereur à Sainte-Hélène aurait été réglée 50 000 euros par Gian Angelo Perrucci, acteur influent du secteur pétrolier en Afrique. Les deux transactions seraient attestées par des factures émanant de la galerie de Souzy, dont la direction a confirmé leur authenticité hors caméra.

Des versions irréconciliables

Dominique de Villepin conteste cette lecture des faits. Il affirme avoir reçu les deux statuettes à titre de cadeaux d’anniversaire de la part de l’avocat et lobbyiste Robert Bourgi, sans avoir eu connaissance de leur provenance ni de leur valeur réelle. Pour la seconde pièce, il en estimait le prix « autour de 10 000 euros ». Il a indiqué être prêt à les restituer, ajoutant qu’il n’aurait « jamais accepté ces objets » s’il avait su qui les finançait.

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Robert Bourgi maintient pour sa part avoir servi d’intermédiaire pour acheminer les présents au ministre, à la demande des deux donateurs. La galerie de Souzy, qui a fourni les factures, écarte la version de Villepin sur les montants.

Un contexte politique chargé

L’entourage de l’ancien Premier ministre a qualifié ces révélations d’« écran de fumée », dénonçant la démarche de Robert Bourgi, présenté comme un proche de Nicolas Sarkozy, rival historique de Dominique de Villepin. Bourgi a reconnu publiquement vouloir empêcher ce dernier d’accéder à l’Élysée, en réaction à des propos tenus lors de l’incarcération de l’ancien président.

La réglementation française imposait aux membres du gouvernement de déclarer les cadeaux reçus dans l’exercice de leurs fonctions et de les remettre au Mobilier national au-delà d’un certain seuil — une obligation qui, au début des années 2000, relevait d’une circulaire de Matignon sans dispositif de contrôle public formalisé. Dominique de Villepin n’a pas précisé les suites concrètes qu’il entend donner à sa déclaration de restitution.

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