Le président de la République française, Emmanuel Macron, a vivement critiqué lundi 27 avril les partisans d’une ligne dure envers l’Algérie, lors d’une visite au centre hospitalier de Lavelanet, dans l’Ariège. La déclaration est intervenue en marge d’un échange avec un médecin originaire d’Oran, alors que le chef de l’État s’exprimait sur les difficultés d’intégration des praticiens diplômés hors Union européenne (Padhue) dans le système de santé français.
7 400 médecins algériens dans les hôpitaux publics
La sortie de Macron repose sur un constat chiffré. Au 1er janvier 2025, l’Ordre national des médecins recensait 19 154 praticiens diplômés hors UE en exercice officiel en France. Les diplômés algériens en constituent la première nationalité, à 38,8 % — soit environ 7 430 médecins. Viennent ensuite les Tunisiens (15,1 %), les Syriens (8,6 %) et les Marocains (7,4 %). Ces praticiens sont particulièrement présents dans les zones sous-dotées en médecins, où ils suppléent un déficit structurel que le système de formation national ne comble pas.
Macron a dénoncé les procédures imposées à ces médecins déjà en poste : contraints de repasser des concours pour être titularisés malgré des années d’exercice effectif à l’hôpital, ils se heurtent à ce qu’il a qualifié de système qui marche sur la tête.
Retailleau répond, la présidentielle en toile de fond
La pique présidentielle vise implicitement Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur désormais candidat déclaré des Républicains à l’élection présidentielle de 2027, qui s’était prononcé pour une posture ferme à l’égard d’Alger. Dans un communiqué, Retailleau a répliqué que le problème, ce ne sont pas les médecins algériens, mais les personnes sous obligation de quitter le territoire français que l’Algérie refuserait de réadmettre, ajoutant que Macron utiliserait un faux prétexte pour esquiver ce dossier.
Les relations franco-algériennes traversent une période de tension depuis plusieurs mois, marquée notamment par le refus d’Alger de délivrer des laissez-passer consulaires pour des ressortissants algériens expulsables de France — point de friction récurrent entre les deux gouvernements.
La question du statut des Padhue devrait figurer à l’agenda parlementaire dans le cadre des discussions budgétaires sur la santé prévues à l’automne 2026.



