Stella Rocha, ancienne prostituée transgenre brésilienne ayant exercé au Bois de Boulogne à Paris, a déclaré lors d’une émission diffusée sur RMC que sa clientèle comprenait des personnalités politiques, des acteurs et des journalistes. Ce témoignage intervient alors que le débat sur la loi française encadrant la prostitution reste ouvert.
« Ils parlent mal de la prostitution à la télé »
Interpellant directement les élus qui s’expriment publiquement contre la prostitution, Stella Rocha a affirmé : « À la télé, j’entends des politiques qui parlent mal de la prostitution… alors que parmi mes clients il y avait des politiques, des acteurs, des journalistes. » Aucun nom n’a été cité. Ces déclarations, formulées à titre de témoignage personnel, ne sont pas corroborées par des sources indépendantes.
Stella Rocha est également l’auteure d’un récit autobiographique, Allée de la Reine Marguerite, coécrit avec Yannis Ezziadi, dans lequel elle relate son arrivée à Paris à l’âge de 20 ans, en 1993, et son parcours au Bois de Boulogne, lieu qui accueillait alors plusieurs centaines de travailleuses du sexe transgenres, majoritairement brésiliennes.
La loi de 2016, dix ans après
Ce témoignage survient alors que la loi du 13 avril 2016, qui a supprimé le délit de racolage et instauré la pénalisation des clients, fête ses dix ans d’application. Le texte prévoit une amende pouvant atteindre 3 750 euros pour tout recours à des actes sexuels tarifés, et a aménagé un parcours de sortie de la prostitution pour les quelque 40 000 personnes concernées en France.
Son bilan reste contrasté : ses partisans font valoir que 10 000 clients ont été verbalisés et 65 réseaux démantelés en 2024, tandis que ses détracteurs, dont Médecins du monde, estiment que la loi s’est révélée contre-productive, en poussant l’activité vers des espaces moins visibles et plus dangereux. Depuis 2016, la prostitution s’est massivement déplacée vers les offres en ligne et les réseaux sociaux.
Le débat sur une éventuelle révision du texte n’a pas encore été inscrit à l’ordre du jour parlementaire.


