Le 24 avril 2026, la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI-Bénin) a organisé, dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), la première édition de “GDIZ Women Talk”. Ce programme vise à structurer la présence et l’influence des femmes dans un environnement industriel où elles restent peu représentées aux postes de décision.
Portée par la SIPI-Bénin, l’initiative réunit des professionnelles de la zone autour d’échanges sur les parcours, les freins et les leviers d’évolution. À l’ouverture, la directrice de la communication, Irmine Gnidehou, a posé le cadre : créer un espace d’expression et d’opportunités concrètes. Elle a insisté sur la nécessité de dépasser le constat de sous-représentation pour organiser des mécanismes durables d’accompagnement, notamment à travers le mentorat et la formation.
Un dispositif axé sur l’organisation collective
La responsable des ressources humaines de la SIPI-Bénin, Faridath Adeniya, a relié le lancement du programme aux discussions engagées lors de la Journée internationale des droits des femmes. Elle a défendu l’idée d’une dynamique continue, structurée autour d’échanges réguliers et d’actions ciblées. Selon elle, la transformation des expériences individuelles en ressources collectives constitue un levier direct d’évolution professionnelle.
Elle a également mis en avant le rôle du management dans l’efficacité de ces dispositifs. D’après ses propos, l’implication des directions générales conditionne la capacité des entreprises à intégrer durablement des politiques d’inclusion. Elle a cité l’exemple de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC-Bénin), où une telle orientation aurait contribué à une meilleure prise en compte des enjeux de représentativité.
Le directeur général adjoint de la SIPI-Bénin, Faki Adje, a replacé l’initiative dans une dynamique plus large d’organisation sociale. Il a évoqué une évolution structurelle liée à la mobilisation des femmes face aux inégalités persistantes, estimant que la constitution de réseaux formels reste une condition pour peser sur les équilibres existants.
Des expériences concrètes pour structurer les réseaux
Le directeur des ressources humaines de la GDIZ, Franck Gbetoho, a centré son intervention sur les modalités pratiques. Il a insisté sur l’importance de capitaliser sur des expériences existantes afin d’adapter les dispositifs au contexte industriel local. Il a également remis en question certaines représentations sociales liées aux regroupements féminins, en appelant à une orientation vers des objectifs professionnels et collectifs.
L’intervention d’Elvire Houédé Agbo, présidente du réseau Women at CDC Bénin, a apporté un retour d’expérience opérationnel. Elle a décrit un processus de structuration étalé sur près d’un an, incluant un diagnostic interne et l’identification des besoins prioritaires. L’objectif, selon elle, n’était pas de juxtaposer des initiatives existantes, mais de les organiser autour d’une cohérence stratégique.
Elle a détaillé la mise en place d’un parcours de développement personnel de 100 jours, destiné à renforcer la confiance et la prise de parole. « Si on ne sait pas où on va, on ne peut pas s’y projeter », a-t-elle déclaré. Ce travail préalable aurait permis de consolider l’engagement des participantes avant la formalisation du réseau.
Des attentes orientées vers des résultats concrets
Au terme de la rencontre, plusieurs participantes ont relevé l’impact immédiat des échanges sur leur perception des freins professionnels. Certaines ont évoqué la nécessité de traduire ces discussions en actions mesurables, notamment en matière d’accès aux responsabilités.
Le programme “GDIZ Women Talk” devrait se poursuivre à travers d’autres sessions thématiques au sein de la zone industrielle, selon les indications données par la SIPI-Bénin. La fréquence et le format des prochaines rencontres n’ont pas été précisés, mais l’initiative s’inscrit dans la politique globale de développement de la GDIZ, lancée par le gouvernement béninois pour accélérer l’industrialisation du pays et attirer les investissements dans les filières de transformation.
La prochaine étape attendue concerne la formalisation des activités du programme et l’identification d’indicateurs permettant d’évaluer son impact sur la progression des femmes dans les entreprises de la zone.



