Joe Kent : Trump veut quitter l'OTAN pour se préparer à un possible conflit entre Israël et la Turquie

Trois semaines après sa démission fracassante de la direction du Centre national de lutte contre le terrorisme des États-Unis, Joe Kent continue de critiquer publiquement la politique étrangère de Donald Trump. Dans un post publié le 9 avril 2026 sur X, l’ancien haut responsable du renseignement américain avance que Washington ne cherche pas à quitter l’OTAN pour se désengager du Moyen-Orient, mais au contraire pour se donner les mains libres en vue d’un affrontement qu’il juge inévitable entre Israël et la Turquie en Syrie.

Un retrait de l’OTAN présenté comme un choix de camp

Kent soutient que tant que les États-Unis restent membres de l’Alliance atlantique, ils ne peuvent pas ouvertement prendre le parti d’Israël face à la Turquie, elle-même membre de l’OTAN. La sortie de l’Alliance permettrait, selon lui, de lever cette contrainte formelle. Il dénonce par ailleurs ce qu’il présente comme une responsabilité directe de Washington dans la déstabilisation syrienne, évoquant le rôle américain dans le renversement du gouvernement de Damas et l’accession au pouvoir d’un ancien responsable lié à Al-Qaïda.

Le post répond à un message de Rapid Response 47, le compte officiel de communication rapide de la Maison-Blanche, qui relayait une déclaration de Trump critiquant l’Alliance : « L’OTAN n’était pas là quand nous avions besoin d’elle, et elle ne sera pas là si nous avons de nouveau besoin d’elle. », accompagnée d’une allusion au Groenland.

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La démission la plus retentissante de l’ère Trump

Kent avait démissionné le 17 mars 2026 de son poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, premier haut responsable de l’administration Trump à quitter ses fonctions en raison de la guerre contre l’Iran. Dans sa lettre adressée au président, il affirmait qu’Israël et son lobby américain avaient poussé Washington à entrer en guerre, alors qu’à ses yeux l’Iran ne représentait aucune menace imminente pour les États-Unis.

Trump avait répondu en qualifiant Kent de « type sympathique » mais « très faible sur la sécurité », ajoutant qu’il estimait que son départ était une bonne chose. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, avait pour sa part jugé « insultante et risible » l’idée qu’Israël ait pu influencer la décision du président.

Une contestation qui dépasse le cas Kent

Tucker Carlson, l’ancienne élue Marjorie Taylor Greene, la commentatrice Candace Owens et l’influenceur Alex Jones figurent parmi les voix conservatrices les plus en vue à avoir publiquement critiqué la guerre contre l’Iran. Carlson a consacré un monologue de 43 minutes à qualifier la rhétorique iranienne de Trump de moralement corrompue, tandis qu’Owens a réclamé l’invocation du 25e amendement pour écarter le président du pouvoir. Un sondage CNN publié début avril indiquait que 28 % des électeurs ayant voté Trump en 2024 désapprouvaient sa gestion du dossier iranien. Deux tiers des républicains déclaraient néanmoins faire confiance au président sur ce dossier, selon un sondage du Wall Street Journal publié à la même période.

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