Le Premier ministre hongrois désigné Péter Magyar a déclaré dimanche que la Hongrie arrêterait Benyamin Nétanyahou si le chef du gouvernement israélien venait à fouler le sol hongrois. La position, annoncée le 20 avril 2026, marque une rupture nette avec la politique de son prédécesseur Viktor Orbán.
Magyar a confirmé l’intention de son futur gouvernement de stopper le retrait de la Hongrie de la Cour pénale internationale (CPI), enclenché par Orbán en juin 2025 après une visite de Nétanyahou à Budapest. « La Hongrie a l’intention de rester membre de la Cour pénale internationale », a-t-il déclaré, précisant que tout individu visé par un mandat d’arrêt de la juridiction qui entre sur le territoire d’un État membre « doit être placé en détention ».
Un mandat émis en novembre 2024
La CPI a délivré un mandat d’arrêt contre Nétanyahou le 21 novembre 2024, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre 2023. Depuis, le Premier ministre israélien a modifié ses itinéraires aériens pour éviter le survol des États membres de la juridiction au sein de l’Union européenne, dont la France, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne.
La visite de Nétanyahou en Hongrie en avril 2025, restée sans suite judiciaire, avait conduit les juges de la CPI à constater formellement que Budapest avait manqué à ses obligations de coopération avec la cour.
L’invitation en question
Des sources israéliennes ont affirmé que Magyar aurait invité Nétanyahou à Budapest le 23 octobre prochain, pour les commémorations du 70e anniversaire de l’insurrection de 1956 contre l’occupation soviétique. Le parti de Magyar n’a pas confirmé cette information aux médias qui l’ont sollicité. Magyar a indiqué sur Facebook s’être entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien, sans mentionner d’invitation. Il a précisé avoir proposé une rencontre à l’ensemble des dirigeants étrangers contactés lors de ses appels de courtoisie post-électoraux.
Des analystes relèvent que Nétanyahou a déjà utilisé ce type de déclaration pour tester la position de ses interlocuteurs sur la CPI, comme il l’aurait fait après un entretien similaire avec le chancelier allemand Friedrich Merz.
Le nouveau gouvernement hongrois doit prendre ses fonctions en mai 2026. Le délai pour bloquer formellement le retrait du Statut de Rome court jusqu’au 2 juin 2026, date à laquelle la sortie de la Hongrie de la CPI deviendrait effective.
