Le Ghana refuse 109 millions de dollars de Trump pour protéger les données de santé de ses citoyens

Le Ghana a rompu les négociations avec Washington sur un accord bilatéral de santé d’une valeur de 109 millions de dollars sur cinq ans, après avoir refusé de soumettre les données médicales de ses citoyens aux exigences américaines. La décision, rapportée le 28 avril 2026 par l’agence Reuters, met fin à des discussions entamées en novembre 2025 entre Accra et l’administration Trump.

Des négociations sous pression croissante

Les pourparlers ont d’abord progressé normalement avant de se tendre à l’approche d’une échéance fixée par Washington au 24 avril 2026. Selon une source proche du gouvernement ghanéen citée par Reuters, la partie américaine aurait adopté une posture hostile après qu’Accra a refusé de transmettre des données nationales de santé, une condition que les responsables ghanéens ont jugée inacceptable. Le ministère des Affaires étrangères du Ghana n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Le département d’État américain a confirmé l’existence des négociations sans en divulguer les détails, précisant que les fonds auraient été destinés à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses.

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Un refus partagé par plusieurs pays africains

Le Ghana n’est pas le seul pays à avoir rejeté les conditions posées par Washington dans le cadre de sa stratégie « America First Global Health Strategy », mise en place après le démantèlement de l’USAID. La Zambie a suspendu des discussions portant sur plus d’un milliard de dollars, le Zimbabwe s’est retiré d’un accord évalué à 350 millions de dollars, et au Kenya, un tribunal a suspendu l’application d’un accord déjà signé, à la suite d’un recours déposé par une association de protection des consommateurs.

Au total, Washington a finalisé 32 accords dans le cadre de cette stratégie, représentant 20,6 milliards de dollars de financements combinés, dont 12,8 milliards apportés par les États-Unis et 7,8 milliards en co-investissements des pays partenaires, selon les données du département d’État.

En 2024, dernière année avant les coupes budgétaires de l’administration Trump, les États-Unis avaient versé 219 millions de dollars d’aide au Ghana, dont 96 millions fléchés vers le secteur de la santé. Washington a indiqué qu’il restait ouvert à un renforcement du partenariat bilatéral, sans préciser les conditions d’une éventuelle reprise des discussions.

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