Errol Musk, père du milliardaire Elon Musk, négocie depuis Moscou l’installation d’agriculteurs afrikaners en Russie, a-t-il confirmé à l’AFP mardi 15 avril 2026. Le projet, porté en parallèle du programme d’accueil américain déjà opérationnel, prévoit le relogement de 50 familles issues de la minorité blanche afrikaner dans la région de Vladimir, à la périphérie de la capitale russe.
Errol Musk, qui se rend régulièrement en Russie et a assisté le 12 avril à la messe de Pâques orthodoxe à Moscou en présence du président Vladimir Poutine, a résumé l’initiative en une phrase : « Il s’agit d’accorder le statut de réfugié à des agriculteurs sud-africains. » Le gouverneur de la région de Vladimir, Aleksandr Avdeïev, a confirmé sur Telegram avoir discuté avec lui des « perspectives d’installation de 50 familles d’origine néerlandaise venues d’Afrique du Sud » pour y développer l’agriculture.
Un projet miroir du programme Trump
L’administration Trump accueille des Afrikaners aux États-Unis depuis octobre 2025 dans le cadre d’un programme de réfugiés accéléré. Près de 5 000 personnes ont déjà rejoint le territoire américain, selon le département de la Sécurité intérieure américain (DHS). Washington justifie ce dispositif par des allégations de persécutions contre les agriculteurs blancs, que le gouvernement sud-africain réfute catégoriquement, qualifiant ces affirmations de désinformation.
Errol Musk reprend les mêmes arguments dans un entretien accordé aux médias russes Gubernia 33, évoquant des meurtres ciblés contre des fermiers afrikaners — accusations là encore démenties par Pretoria. La loi sud-africaine d’expropriation de 2024, qui autorise dans certains cas la saisie de terres sans compensation, alimente le débat sur la situation des propriétaires terriens blancs dans le pays.
Une initiative qui embarrasse Pretoria
Le porte-parole du président Cyril Ramaphosa a qualifié les déclarations d’Elon Musk sur l’Afrique du Sud de « mensonges et désinformation » sur X. Le projet de son père place Pretoria dans une position délicate : la Russie et l’Afrique du Sud entretiennent des liens historiques étroits depuis le soutien soviétique à l’ANC pendant l’apartheid, et le gouvernement sud-africain s’est jusqu’ici refusé à toute critique publique de Moscou.
Friedrich von Treskow, ancien chercheur au South African Institute of International Affairs spécialisé dans l’influence russe en Afrique australe, juge le projet « déconcertant » et avertit qu’il pourrait « créer des tensions avec Pretoria ».
La prochaine étape du projet dépend d’une réunion prévue entre Errol Musk et le gouverneur Avdeïev pour arrêter les modalités concrètes d’installation. Aucune date n’a été communiquée.



