Les sous-marins nucléaires russes Yasen poussent la Royal Navy à sonner l'alarme en Atlantique

L’amiral Gwyn Jenkins, premier lord de la mer et chef d’état-major de la Royal Navy britannique, a averti en décembre 2025 que l’Occident risquait de perdre son avantage stratégique dans l’Atlantique Nord, face à la montée en puissance des sous-marins nucléaires d’attaque russes de classe Yasen et Yasen-M. Cette mise en garde intervient alors que Moscou a officialisé, le 19 mars 2026, un plan de renouvellement complet de sa flotte sous-marine d’attaque d’ici 2035.

La flotte Yasen, déjà opérationnelle dans le Nord et le Pacifique

Le commandant en chef de la marine russe, l’amiral Aleksandr Moïseïev, a confirmé dans les colonnes du journal militaire Krasnaya Zvezda que les sous-marins des classes soviétiques Akula, Sierra et Oscar-II seraient intégralement remplacés par les Projet 885 Yasen et 885M Yasen-M au cours de la prochaine décennie. Six unités sont déjà en service actif — une Yasen et cinq Yasen-M — au sein des flottes du Nord et du Pacifique. Le septième bâtiment, l’Oulianovsk, doit rejoindre les rangs en 2026. La flotte finale devrait compter entre dix et douze unités.

Ces sous-marins de quatrième génération emportent jusqu’à 32 missiles répartis dans huit modules de lancement vertical : des Kalibr à frappe terrestre, des Oniks anti-navires, et des missiles hypersoniques Zircon intégrés progressivement depuis 2024. Leur réacteur nucléaire, d’une puissance thermique estimée à 200 MW, est conçu pour fonctionner 25 à 30 ans sans rechargement en combustible.

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Une doctrine qui redistribue les cartes en Atlantique Nord

Le Royal United Services Institute (RUSI), centre de recherche stratégique britannique, souligne que le rôle assigné aux Yasen-M a évolué : ces bâtiments ne sont plus conçus prioritairement pour chasser d’autres sous-marins, mais pour conduire des frappes à longue portée. Cette réorientation doctrinale remet en question l’efficacité du dispositif anti-sous-marin de l’OTAN au passage GIUK — le corridor GroenlandIslandeRoyaume-Uni — jusqu’ici considéré comme le verrou stratégique de l’Atlantique Nord. Selon le RUSI, les Yasen-M pourraient atteindre leurs objectifs sans avoir à franchir cette barrière.

La construction reste concentrée au chantier Sevmash de Severodvinsk, où quatre unités Yasen-M supplémentaires — dont le Perm, en phase finale d’essais — sont en cours d’assemblage. Le président Vladimir Poutine a donné instruction en juillet 2025 de poursuivre la production en série, avec la possibilité de commander deux unités additionnelles, ce qui porterait la flotte à quatorze bâtiments.

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