L'Iran aurait utilisé un satellite chinois pour cibler des bases américaines, selon le FT

L’Iran a secrètement acquis fin 2024 un satellite espion chinois qu’il aurait exploité pour surveiller des installations militaires américaines au Moyen-Orient durant la récente campagne militaire, rapporte le Financial Times le 15 avril. Baptisé TEE-01B et conçu par l’entreprise Earth Eye Co, cet appareil aurait permis aux Gardiens de la révolution de collecter des images de sites stratégiques clés, avant et pendant les opérations offensives menées en mars.

Accès via une plateforme commerciale chinoise

D’après des documents militaires iraniens consultés par le quotidien britannique, les autorités auraient accédé au satellite via Emposat, une société installée à Pékin spécialisée dans le pilotage et la gestion des données satellitaires. Cette entreprise dispose d’un réseau de stations terrestres commerciales couvrant notamment l’Asie, l’Amérique latine et d’autres régions du globe. Les responsables militaires iraniens auraient ainsi fourni aux opérateurs d’Emposat des coordonnées précises de cibles à observer, ces derniers orientant ensuite régulièrement les capteurs du satellite vers les zones indiquées.

Surveillance systématique en mars 2026

Entre le 13 et le 15 mars, le satellite aurait capturé des images de plusieurs sites stratégiques, dont la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite. Les données incluraient également la base de Muwaffaq Salti en Jordanie, le quartier général de la Cinquième Flotte américaine à Manama, au Bahreïn, ainsi que des installations situées à Erbil, en Irak. Selon les informations disponibles, ces prises de vue coïncident dans le temps avec les frappes revendiquées par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) contre ces différents sites au cours de la même période.

Publicité

Position tranchée de Pékin

Face à ces accusations, l’ambassade de Chine à Washington a opposé un démenti catégorique au Financial Times, fustigeant « des informations spéculatives et trompeuses dirigées contre la Chine ». Pour sa part, la Maison Blanche a choisi de ne pas s’exprimer sur les modalités de cette collaboration supposée.

Cette révélation renforce les soupçons entretenus par Washington depuis le début du conflit en février. Selon des informations du renseignement américain révélées par CNN, les autorités américaines reprochent à la Chine d’envisager de livrer à l’Iran des systèmes de défense aérienne portables de type MANPADS, via des pays tiers pour en masquer l’origine. La Russie est accusée d’avoir fourni des renseignements militaires permettant à l’Iran de cibler précisément les installations américaines au Moyen-Orient, notamment selon le rapport de CNN.

Confrontées à ces accusations, l’ambassade de Chine à Washington a fermement démenti, déclarant qu’elle s’oppose « à toute implication, affirmant n’avoir fourni aucune arme ». Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a nié transmettre des renseignements militaires, mais a confirmé l’existence d’un accord de coopération militaire et technique avec Téhéran incluant certaines livraisons d’équipements. Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % contre tout pays armant l’Iran, tandis que les deux parties négocient un accord après le cessez-le-feu du 8 avril.

Laisser un commentaire