L’ancien président sénégalais Macky Sall passe ce mercredi 22 avril 2026 son grand oral devant les 193 États membres de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Candidat au poste de secrétaire général de l’ONU, il y présente une vision centrée sur la réforme du multilatéralisme et la refonte de la gouvernance onusienne, entre 15h et 18h heure locale.
Son document de candidature, intitulé « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », diagnostique une crise « profonde et systémique » du système international. Il y propose trois axes d’action : une approche intégrée reliant paix, sécurité et développement ; la revitalisation du multilatéralisme ; et un renforcement de la gouvernance de l’ONU axé sur la transparence, l’efficacité et la rationalisation des ressources.
Des auditions publiques pour un processus historiquement opaque
Macky Sall est le dernier des quatre candidats à se soumettre à ce format de dialogue interactif, retransmis en direct sur UN WebTV conformément à la résolution 79/327 adoptée par l’Assemblée générale en septembre 2025. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Argentin Rafael Mariano Grossi, ont été entendus mardi 21 avril. La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Costaricaine Rebeca Grynspan précédera Macky Sall dans la journée. Chaque candidat dispose de trois heures pour exposer sa vision et répondre aux questions des États membres ainsi que des représentants de la société civile. Ce format public, instauré en 2016, est seulement la deuxième initiative du genre dans l’histoire de l’organisation.
Une candidature portée par le Burundi, contestée au sein de l’UA
La candidature de Macky Sall a été déposée officiellement à New York le 2 mars 2026 par le Burundi, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine, dans une correspondance conjointe adressée aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. Le gouvernement sénégalais a publié, le 27 mars, une note verbale précisant n’avoir « à aucun stade endossé cette candidature ». Une vingtaine d’États africains ont fait obstacle à la procédure d’approbation tacite au sein de l’UA, empêchant tout consensus continental. Le Nigeria a qualifié la désignation de « procedurally incorrect » dans une communication officielle à la Commission de l’UA.
Seul candidat africain en lice, Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, brigue un poste qui n’a été occupé que deux fois par des ressortissants du continent : l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Kofi Annan.
La prochaine étape du processus est fixée à fin juillet 2026 : le Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents disposent chacun d’un droit de veto, examinera les candidatures à huis clos avant de formuler une recommandation à l’Assemblée générale. La nomination officielle du successeur d’António Guterres, dont le mandat expire le 31 décembre 2026, devrait intervenir à l’automne.



