Macky Sall face à l'ONU : un dialogue pour convaincre là où l'Afrique doute

L’ancien président sénégalais Macky Sall a défendu mercredi 22 avril sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies devant l’Assemblée générale réunie à New York, lors d’une audition publique de trois heures organisée par sa présidente, l’Allemande Annalena Baerbock. Il est le dernier des quatre candidats en lice à s’être prêté à cet exercice, après la Chilienne Michelle Bachelet, l’Argentin Rafael Grossi et la Costaricienne Rebeca Grynspan.

Le format, identique pour tous les candidats, prévoit une déclaration introductive de dix minutes suivie d’un échange avec les représentants des 193 États membres et de la société civile. Dans son discours d’ouverture, Macky Sall a mis en avant près de quarante ans de responsabilités publiques, du niveau local jusqu’à la présidence de la République du Sénégal exercée de 2012 à 2024, ainsi que son passage à la tête de l’Union africaine. Son document de vision, intitulé Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur, articule sa candidature autour de trois axes : lier paix, sécurité et développement ; revitaliser la coopération internationale ; réformer la gouvernance interne de l’ONU.

Une candidature portée par le Burundi, sans l’UA ni Dakar

La situation diplomatique de Macky Sall reste singulière parmi les candidats en lice. Sa candidature a été déposée à l’ONU début mars 2026 par le Burundi, qui assurait alors la présidence tournante de l’Union africaine — et non par son propre pays. Le Sénégal n’a apporté aucun soutien officiel à l’ancien chef de l’État. L’Union africaine, de son côté, n’a pas pu porter sa candidature : vingt de ses cinquante-cinq États membres s’y sont opposés lors d’une procédure d’approbation tacite, dépassant le seuil d’un tiers nécessaire pour bloquer toute décision.

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Malgré cet isolement continental, Macky Sall a maintenu sa candidature. Lors de l’audition, il a notamment défendu son bilan en matière de transition démocratique, citant la passation pacifique du pouvoir à son successeur Bassirou Diomaye Faye en 2024.

Le Conseil de sécurité, prochaine étape décisive

L’audition du 22 avril clôt la phase publique du processus de sélection. Le Conseil de sécurité doit désormais se réunir — vraisemblablement en juillet ou en août selon les calendriers diplomatiques — pour recommander un candidat à l’Assemblée générale. Cette recommandation requiert une majorité qualifiée d’au moins neuf voix sur quinze, sans veto d’aucun des cinq membres permanents. L’Assemblée générale entérine ensuite le nom retenu par acclamation. Le nouveau Secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, succédant au Portugais António Guterres au terme de ses deux mandats.

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