Ce vendredi 10 avril 2026, à minuit, le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d’une intensité rare, la campagne électorale pour le premier tour de la présidentielle prend officiellement fin. Des caravanes festives des villes,aux meetings ruraux du septentrion, les candidats ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Désormais, la parole est au peuple. Le dimanche 12 avril, plus de 6 millions de Béninois sont attendus aux urnes pour choisir celui qui succédera à Patrice Talon.
Ces deux dernières semaines ont été marquées par un duel de visions radicalement opposées. D’un côté, la majorité présidentielle, portée par le duo Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, a axé son discours sur la continuité de la transformation structurelle. Fort de son bilan au ministère des Finances, Wadagni a promis de transformer l’élan macroéconomique en bien-être palpable pour chaque foyer.
De l’autre, l’opposition, représentée notamment par le binôme des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (Fcbe), Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou, a pilonné le coût de la vie et les réformes jugées socialement rudes de la dernière décennie. La campagne a été rythmée par des thématiques fortes : l’emploi des jeunes et le renforcement de la justice sociale.
Les esprits ont été frappés par des sorties médiatiques musclées. Lors de son dernier grand rassemblement à Parakou, Romuald Wadagni a lancé un appel à la stabilité. « 2026 doit être l’année de la consolidation. On ne change pas une équipe qui gagne, on l’accélère pour que la fierté béninoise brille partout ».
En réplique, depuis son fief, Paul Hounkpè a martelé la nécessité d’un tournant humaniste. Pour lui, les routes ne se mangent pas. Il est temps de remettre l’homme au cœur du développement et de libérer les énergies bridées par trop de réformes contraignantes.
Le 12 avril : l’heure de vérité
Les observateurs nationaux et internationaux scruteront de près le taux de participation. Pour chaque Béninois, le défi est de taille : démontrer que la démocratie béninoise, reste vivante à travers le geste citoyen. À présent, la balle est dans le camp des électeurs. Suivre les projets de société présentés et opérer le choix selon sa conscience.
Ce vendredi soir, les micros s’éteignent. Les candidats rentrent dans l’ombre, laissant la place à la réflexion souveraine. Le 12 avril 2026 n’est plus une date sur un calendrier, c’est un rendez-vous avec l’histoire. Les regards du monde entier sont désormais tournés vers les bureaux de vote, où se scellera le destin de la Marina pour les sept prochaines années.



