Prêt de 90 milliards à l'Ukraine : Medvedev ironise sur la facture laissée aux Européens

L’Union européenne a donné jeudi 23 avril son approbation définitive à un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine pour les années 2026 et 2027, après la levée du veto hongrois. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a immédiatement réagi sur X, raillant une décision qu’il présente comme une ponction directe sur les contribuables européens.

Un mécanisme de remboursement suspendu aux réparations russes

Le prêt, financé par emprunt commun sur les marchés de capitaux, est structuré en deux tranches annuelles de 45 milliards d’euros : 28 milliards affectés aux besoins militaires et 17 milliards au soutien budgétaire général. L’Ukraine ne sera pas tenue de rembourser le capital sur ses propres fonds. Le remboursement est conditionné au versement de réparations de guerre par la Russie, en utilisant les quelque 210 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale russe gelés sur le territoire européen comme mécanisme de garantie.

Moscou a catégoriquement exclu tout paiement de réparations. C’est précisément ce que pointe Medvedev dans son message : en l’absence de remboursement russe, ce sont les 24 États membres participants — la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ayant obtenu des exemptions — qui assumeraient les intérêts annuels estimés à 3 milliards d’euros.

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Le déblocage hongrois au cœur du dénouement

Le vote de jeudi clôt deux mois de blocage institutionnel. La Hongrie avait conditionné sa position à la reprise des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba, interrompues à la suite de dommages causés par des frappes russes. La défaite électorale du Premier ministre Viktor Orbán le 12 avril, suivie de la réparation du pipeline par l’Ukraine, a levé les derniers obstacles. Son successeur désigné, Peter Magyar, avait indiqué qu’il ne s’opposerait pas au déblocage du prêt.

La Commission européenne a précisé que les premiers versements interviendront « dans les meilleurs délais », sous réserve du respect par Kyiv des conditions de réforme fixées — notamment en matière de lutte contre la corruption, dont tout recul pourrait entraîner une suspension temporaire des décaissements.

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