Le président russe Vladimir Poutine a accusé, ce mercredi 10 juin, ses adversaires de perpétrer des attentats sur le territoire russe, citant explicitement la frappe du mois dernier contre un établissement d’enseignement à Starobelsk. La déclaration a été faite lors d’une réunion du cabinet à Moscou.
La frappe de Starobelsk comme déclencheur politique
L’incident auquel Poutine fait référence remonte à la nuit du 21 au 22 mai 2026. Selon le ministère russe des Situations d’urgence, un drone ukrainien avait frappé le dortoir et les bâtiments pédagogiques de l’Université pédagogique d’État de Louhansk, à Starobelsk, ville de la région de Louhansk sous contrôle russe depuis 2022. Le bilan officiel russe faisait état de 21 morts et 42 blessés. Kiev avait rejeté cette version, affirmant avoir ciblé un centre de commandement de l’unité Rubicon, spécialisée dans les drones de combat, en précisant avoir agi dans le respect du droit international humanitaire.
C’est sur cette toile de fond que Poutine a pris la parole ce mercredi. « Tous ceux qui s’opposent à nous ne baissent pas les bras non plus. Ils organisent des attentats et il y a eu donc la frappe contre le foyer du lycée technique », a-t-il déclaré devant les membres du cabinet, imputant directement l’attaque à ses adversaires sans nommer explicitement l’Ukraine.
Mesures de sécurité élargies aux infrastructures pour enfants
Le président russe a ensuite formulé des directives à l’ensemble des services de sécurité. « J’invite tous les services de sécurité de veiller à la sûreté sur l’ensemble du système des infrastructures sociales et d’enseignement », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la période estivale : « Pendant les vacances, il faut que les camps de jeunes, les maisons de repos soient protégés au maximum. Chaque année, chaque été, nous sommes vigilants à cette question de sécurité pour les enfants et c’est un travail qui se fait sur plusieurs niveaux. J’invite tous les services concernés à travailler dessus. »
Ces instructions interviennent alors que la Russie avait lancé, fin mai, une série de frappes massives sur Kiev et d’autres régions ukrainiennes présentées par Moscou comme des représailles à l’incident de Starobelsk, ciblant selon le ministère russe de la Défense des usines d’armement, des centres logistiques et des entreprises de l’industrie aéronautique. La réunion du cabinet du 10 juin constitue la première prise de position publique officielle de Poutine sur l’incident de Starobelsk depuis l’escalade des semaines précédentes.



