RDC : les USA sanctionnent Joseph Kabila pour son soutien présumé au M23

Le département du Trésor américain a annoncé le 30 avril 2026 des mesures de gel d’avoirs contre l’ancien président congolais Joseph Kabila, l’accusant de financer et soutenir le Mouvement du 23-Mars (M23) et son bras politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence chargée des sanctions, a justifié cette décision en invoquant le rôle de Kabila dans « la déstabilisation du gouvernement de RDC en soutenant le M23 et l’AFC ».

Cette sanction survient alors que l’est du pays reste ravagé par un conflit armé qui s’intensifie depuis novembre 2021. Le M23, soutenu par le Rwanda, contrôle des territoires stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, zones riches en ressources minérales. Les affrontements ont provoqué la mort de milliers de civils et le déplacement de plus de 5 millions de personnes au cours des derniers mois, alimentant une crise humanitaire sur le continent africain.

Gel des actifs et restrictions commerciales

Selon l’OFAC, «tous les biens et intérêts patrimoniaux » de Kabila situés aux États-Unis ou contrôlés par des citoyens américains sont désormais bloqués. Toute entité détenue à plus de 50 % par l’ancien dirigeant subit la même restriction. « Les règlements de l’OFAC interdisent généralement toutes les transactions effectuées par des personnes américaines ou sur le territoire des États-Unis impliquant des biens ou intérêts patrimoniaux de personnes bloquées », précise l’agence.

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L’OFAC a aussi relevé que Kabila a résidé l’année précédente à Goma, principale ville contrôlée par le M23, « sous la protection » du groupe armé. Washington estime que l’ancien président œuvre à renverser le gouvernement de Félix Tshisekedi en alimentant financièrement et logistiquement la rébellion.

Un alignement avec les Accords de Washington

La décision intervient quelques mois après la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025, traité négocié entre les États-Unis et visant à rétablir la paix entre la RDC et le Rwanda. Ces accords prévoient « un cadre d’intégration économique régionale » et « une amélioration de la transparence dans les chaînes d’approvisionnement de minerais critiques ».

« Le président Trump œuvre en faveur de la paix en République démocratique du Congo et a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes », a déclaré Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor.

Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, reste une figure politique influente dans le pays. L’administration américaine ne s’est pas prononcée sur d’autres mesures restrictives susceptibles de suivre.

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