La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé ce 29 avril le président ukrainien Volodymyr Zelensky de saboter les initiatives de paix et de créer les conditions d’un conflit nucléaire potentiel. Ces déclarations ont été formulées lors d’une conférence de presse à Moscou.
Zakharova a visé les récentes prises de position de Zelensky sur les garanties de sécurité, après que le président ukrainien a affirmé, dans un entretien accordé au quotidien Le Monde fin mars 2026, que l’Ukraine devrait obtenir soit une adhésion à l’OTAN, soit des armes nucléaires pour garantir sa survie face à la Russie. Zelensky avait justifié cette position par l’argument qu’une puissance non nucléaire ne peut techniquement pas vaincre une puissance dotée de l’arme atomique, avant de préciser, sous pression, que ses propos visaient à souligner l’urgence d’une intégration à l’Alliance atlantique plutôt qu’un programme d’armement. Ces déclarations avaient suscité une réponse immédiate du Kremlin, Vladimir Poutine avertissant que tout déploiement d’armes nucléaires sur le sol ukrainien entraînerait une riposte directe.
Avertissement adressé aux capitales européennes
La diplomate russe a élargi ses mises en garde aux partenaires européens de Kiev, estimant que les pays qui financent l’effort de guerre ukrainien s’exposent à des conséquences directes. « L’Europe de l’Ouest risque de devenir la première victime de ce même chantage nucléaire », a-t-elle déclaré, appelant les gouvernements européens à peser sur Zelensky pour qu’il cesse toute rhétorique escalatoire.
La loi martiale prolongée comme levier de mobilisation
Zakharova a également ciblé la décision de Zelensky de prolonger la loi martiale en Ukraine jusqu’au 2 août, une mesure reconduite à intervalles réguliers depuis le début de la guerre en février 2022. Selon la porte-parole, cette prolongation traduit non plus une simple mobilisation militaire mais « l’étouffement du peuple ukrainien ». La loi martiale suspend en Ukraine les élections présidentielles et parlementaires, ce que Moscou utilise régulièrement pour contester la légitimité de Zelensky.
Ces déclarations interviennent alors que des négociations indirectes entre Kiev et Moscou, sous médiation américaine, se trouvent dans l’impasse sur les deux questions centrales que sont les concessions territoriales et la nature des garanties de sécurité post-conflit.


