Sahel : les USA veulent œuvrer avec l'Algérie pour la stabilité de la région

Le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau et le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, ont été reçus mardi 28 avril à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune. À l’issue de cette audience, Landau a annoncé la volonté de Washington de renforcer la coopération sécuritaire avec l’Algérie, en particulier face aux crises qui secouent le Sahel.

« Nous avons déjà commencé à développer pleinement le potentiel de cette relation », a déclaré Landau devant la presse, évoquant des « domaines importants de coopération dans le secteur sécuritaire et la nécessité de travailler ensemble pour faire face aux défis dans la région du Sahel ».

Une visite qui intervient dans un Sahel sous haute tension

La rencontre se tient alors que la région traverse une semaine particulièrement éprouvante. Le 25 avril, le Mali a subi une série d’attaques revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) : le ministre d’État malien à la Défense, le général Sadio Camara, a été tué à son domicile de Kati, tandis que le chef d’état-major et le directeur de la sécurité d’État ont été blessés. Ces frappes au sommet du commandement militaire malien montrent la capacité de nuisance des groupes armés, malgré les efforts de l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant Mali, Burkina Faso et Niger — qui venait d’acter, le 24 avril, la mise en place d’une force militaire commune de 15 000 hommes. Selon le Global Terrorism Index 2026, le Sahel concentre désormais plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde, contre moins de 1 % en 2007.

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L’Algérie, acteur incontournable d’une recomposition géopolitique

La démarche américaine traduit une réorientation stratégique. Depuis les coups d’État successifs au Mali (2020-2021), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023), les gouvernements ont expulsé les forces françaises et se sont tournés vers la Russie — dont l’Africa Corps, successeur du groupe Wagner. Washington cherche de nouveaux leviers d’influence dans une région où ses accords d’accès militaire se réduisent.

L’Algérie, qui partage plus de 6 000 kilomètres de frontières avec des États sahéliens et a longtemps revendiqué un rôle de médiateur régional, dispose d’une position géographique et diplomatique que les États-Unis entendent mobiliser. Landau a également mentionné la question du Sahara occidental parmi les dossiers abordés, signe que l’agenda bilatéral dépasse le seul cadre sécuritaire.

Landau a qualifié ce déplacement de « moment très important dans les relations entre les États-Unis et l’Algérie », exprimant l’espoir que « les générations futures considèrent ce moment comme un tournant dans les relations entre deux grands pays ». Il a aussi salué « l’accueil chaleureux » réservé par le président Tebboune lors de cette première visite officielle en Algérie. Aucun accord formel n’a été annoncé à l’issue de la rencontre. La nature et le calendrier des coopérations évoquées restent à préciser par les deux parties.

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