Dix-huit supporters sénégalais ont été rejugés en appel au Maroc ce lundi, après leur condamnation en première instance pour des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Leur avocat, Maître Kabou, a qualifié l’issue de la procédure de « judiciarisation de la frustration d’une défaite ».
La cour d’appel a confirmé la décision de première instance, qui avait prononcé des peines allant de trois mois à un an d’emprisonnement pour des faits de hooliganisme et de violences. Trois des dix-huit condamnés devraient être libérés dès ce samedi, leur peine étant considérée comme purgée.
Une défense sans contradicteurs
Maître Kabou a regretté l’absence, à la barre, de la Confédération africaine de football et de la Fédération royale marocaine de football. L’avocat a invoqué le code pénal marocain, qui prévoit selon lui la présence des organisateurs dans ce type de contentieux lié à des incidents survenus lors d’une manifestation sportive.
La défense a également déploré que le tribunal n’ait produit aucune preuve à l’audience, et que les plaintes déposées par les supporters sénégalais à la suite des incidents n’aient pas été prises en compte. Un accrochage verbal a marqué les débats lorsque Maître Kabou a accusé la juridiction d’un « manque de respect » — des propos que le juge lui a demandé de retirer.
Cassation écartée par la défense
Le 13 avril, le parquet marocain avait requis un alourdissement des peines, une demande que la cour n’a pas suivie. L’arrêt rendu confirme donc les sanctions initiales sans les aggraver.
La justice marocaine, selon Maître Kabou interrogé sur la chaîne publique sénégalaise RTS, attendrait désormais un pourvoi en cassation de la partie sénégalaise. Le collectif d’avocats a indiqué ne pas envisager cette voie de recours, ce qui rend la décision d’appel définitive pour la défense.
Les trois supporters dont la peine arrive à échéance seront élargis samedi. Les quinze autres resteront incarcérés au Maroc pour une durée pouvant aller jusqu’à un an selon les condamnations individuelles prononcées en première instance.


