La Russie travaille sur un traitement expérimental visant à ralentir le vieillissement cellulaire, a indiqué jeudi le vice-ministre russe de la Science et de l’Enseignement supérieur, Denis Sekirinsky. L’annonce a été faite lors d’une conférence consacrée à la longévité organisée à Saransk.
Le responsable a présenté un projet de thérapie génique ciblant le récepteur RAGE, associé à certains mécanismes du vieillissement. « Le gène RAGE est un récepteur dont l’activation déclenche le vieillissement cellulaire. Bloquer ce gène, au contraire, peut prolonger la jeunesse de la cellule », a-t-il déclaré.
Un projet scientifique encore expérimental
Le traitement en développement viserait à inhiber ce récepteur afin de ralentir les altérations liées à l’âge au niveau cellulaire. Selon nos recoupements d’informations, l’objectif affiché est de concevoir un médicament de thérapie génique spécifiquement dédié à ce mécanisme.
Ce programme est conduit par un institut russe spécialisé dans la biologie du vieillissement. Il intervient alors que les autorités russes renforcent leurs investissements dans les biotechnologies. Le projet national « Nouvelles technologies pour la préservation de la santé », lancé en 2025 sur instruction du président Vladimir Poutine, dispose d’un budget de plus de 2 billions de roubles, soit environ 26,4 milliards de dollars.
La vice-Première ministre Tatiana Golikova avait déjà évoqué un calendrier de mise en production d’un traitement anti-âge compris entre 2028 et 2030.
Une piste parmi d’autres dans la recherche mondiale
Les travaux présentés en Russie interviennent alors que plusieurs équipes scientifiques à travers le monde explorent les mécanismes du vieillissement biologique. Des recherches portent notamment sur la sénescence cellulaire et sur les télomères, deux facteurs associés à la dégradation progressive des cellules avec l’âge.
Parallèlement, les avancées en thérapie génique ont permis le développement de traitements ciblés pour certaines maladies rares, en s’appuyant sur des technologies comme CRISPR-Cas9. À ce stade, aucun traitement n’a toutefois démontré la capacité de ralentir de manière significative le vieillissement humain.
Les autorités russes présentent la longévité comme un enjeu de santé publique, dans un pays confronté à un déclin démographique et à une hausse de la proportion de personnes âgées. La prochaine étape annoncée reste la poursuite des recherches avant une éventuelle phase de production à l’horizon 2028-2030.



