Xénophobie en Afrique du Sud : Ramaphosa invoque l'apartheid pour avertir ses compatriotes

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a prononcé lundi 27 avril 2026, à Bloemfontein, son discours annuel du Freedom Day, la fête nationale marquant le 32e anniversaire des premières élections démocratiques du pays. Devant une foule réunie au Dr Rantlai Molemela Stadium, il a directement mis en garde contre la recrudescence des violences xénophobes visant des ressortissants étrangers sur le sol sud-africain.

Ramaphosa a rappelé que l’Afrique du Sud doit sa libération à la solidarité du continent africain : des pays voisins ont hébergé les combattants de la lutte anti-apartheid, financé leurs activités et porté leur cause sur la scène internationale. « Il ne peut pas, et il ne doit jamais être, que nous foulions aux pieds la fraternité africaine qui a rendu notre liberté possible », a-t-il déclaré devant les autorités et représentants présents à la cérémonie.

Des violences sur fond de tensions migratoires

Le discours présidentiel intervient alors que plusieurs incidents xénophobes ont été signalés ces dernières semaines dans les grandes métropoles du pays. Selon Vanguard News et Sahara Reporters, deux ressortissants nigérians auraient été tués par des agents de sécurité sud-africains, et de nouvelles manifestations anti-étrangers seraient prévues cette semaine dans la province du Gauteng. Le Ghana et le Nigéria auraient officiellement protesté auprès de Pretoria.

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Ramaphosa a reconnu les préoccupations de la population face à l’immigration irrégulière, tout en refusant d’en faire une justification à la violence. Le gouvernement annonce un renforcement des contrôles aux frontières, des poursuites contre les pratiques corrompues au sein des services d’immigration, et des sanctions contre les employeurs recourant à une main-d’œuvre en situation irrégulière.

Un équilibre politique difficile à tenir

Ramaphosa gouverne dans un contexte de fort chômage structurel — le taux officiel dépasse 32 % selon Statistics South Africa — et de pression croissante sur les services publics. L’Union africaine plaide pour une libéralisation de la mobilité intra-continentale, une orientation que le gouvernement sud-africain soutient formellement, mais que les dynamiques sociales internes rendent politiquement difficile à assumer.

De nouvelles manifestations sont attendues dans la province du Gauteng dans les prochains jours, selon des médias nigérians et sud-africains. Pretoria n’a pas encore annoncé de dispositif spécifique pour les encadrer.

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