Le groupe aéronautique français Daher envisage de transférer au Maroc une partie de sa production actuellement réalisée en France, selon des informations relayées par plusieurs médias et des alertes formulées par le syndicat Force ouvrière (FO). Cette perspective suscite des inquiétudes sur le site industriel de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, où les représentants du personnel redoutent des conséquences sur l’emploi à partir de 2027.
Le projet concernerait notamment certaines activités liées aux programmes Airbus A330 et A300. D’après FO Métaux, la branche industrielle de Daher fait face à des difficultés financières et à un outil de production jugé vieillissant, ce qui pousserait l’entreprise à rechercher des solutions pour réduire ses coûts de fabrication.
Le site de Tarbes sous surveillance
Le site de Tarbes occupe une place historique dans l’organisation industrielle de Daher. Les représentants syndicaux estiment que le transfert annoncé pourrait fragiliser cette implantation et réduire progressivement la charge de travail locale.
Les inquiétudes portent autant sur l’avenir des emplois que sur la pérennité d’un savoir-faire développé depuis plusieurs décennies dans la fabrication d’aérostructures et d’équipements destinés aux grands constructeurs aéronautiques. Daher n’a pas présenté publiquement ce projet comme un plan de restructuration, mais les informations rapportées par les syndicats alimentent les préoccupations des salariés.
Le Maroc renforce son attractivité industrielle
Le Maroc accueille déjà de nombreux acteurs majeurs de l’aéronautique mondiale, parmi lesquels Boeing, Airbus, Safran, Spirit AeroSystems et Stelia Aerospace. Le pays a développé ces dernières années une industrie spécialisée autour de Casablanca, notamment dans la zone de MidParc, qui regroupe plusieurs sous-traitants et équipementiers. Cette concentration industrielle, associée à la proximité géographique avec l’Europe et à des coûts de production compétitifs, attire régulièrement de nouveaux investissements.
Une décision attendue pour 2027
Selon les informations relayées par les organisations syndicales, les premiers transferts pourraient intervenir à partir de 2027. D’ici là, les salariés du site de Tarbes attendent des précisions de la direction sur l’ampleur du projet et sur ses conséquences concrètes pour les effectifs et l’activité industrielle en France.



