Aide américaine : l'administration Trump irritée par l'inaction de la Zambie sur un accord sanitaire

L’ambassadeur américain sortant en Zambie, Michael Gonzales, a publiquement critiqué Lusaka jeudi 1er mai pour n’avoir engagé aucune négociation sérieuse sur un mémorandum d’entente portant sur plus d’un milliard de dollars d’aide sanitaire américaine, alors que la date limite fixée au 30 avril est passée sans accord.

Lors d’une allocution prononcée à la veille de son départ du poste, Gonzales a affirmé que Washington avait essuyé « pratiquement zéro engagement substantiel » de la part des autorités zambiennes depuis janvier, des appels téléphoniques restés sans réponse et des réunions annulées ayant empêché toute avancée dans les négociations. En l’absence d’accord, les financements américains couvrant les programmes VIH, paludisme, santé maternelle et infantile et préparation aux épidémies se poursuivent de manière ponctuelle, sans cadre cohérent de mise en œuvre.

Des conditions jugées inacceptables par Lusaka

Le blocage ne date pas du 30 avril. Lusaka avait déjà quitté la table des négociations fin 2025, après que Washington eut conditionné le déblocage des fonds à des concessions dans le secteur minier — cuivre, cobalt et lithium notamment — et à un accord de partage de données sanitaires sur dix ans. Le ministère zambien de la Santé avait alors reconnu que certaines clauses du projet d’accord « ne correspondent pas à la position et aux intérêts du gouvernement », selon des déclarations rapportées par Reuters.

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L’accord tel que rédigé imposerait par ailleurs à Lusaka une co-contribution d’environ 340 millions de dollars sur la durée du mémorandum, selon un projet consulté par Reuters. Les États-Unis proposent 320 millions de dollars pour l’ensemble des programmes de santé en Zambie en 2026, contre 367 millions versés l’année précédente pour les seuls programmes VIH.

Un bras de fer qui dépasse la Zambie

La situation zambienne n’est pas isolée. Le Kenya a suspendu un accord similaire de 1,6 milliard de dollars depuis décembre 2025 à la suite d’une décision judiciaire, tandis que le Zimbabwe a refusé de signer un mémorandum de 367 millions de dollars, invoquant des préoccupations analogues sur le partage des données. Le Ghana a lui aussi décliné les termes proposés par Washington avant une échéance fixée au 24 avril 2026.

Gonzales a indiqué que les États-Unis continueraient d’honorer leurs engagements de longue date envers la population zambienne, notamment la fourniture d’antirétroviraux et la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, tout en avertissant que les financements à grande échelle dépendraient de réformes concrètes de la part de Lusaka.

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