Après Dangote, Museveni plaide pour la suppression des visas en Afrique

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a appelé lundi 11 mai 2026 à la suppression des visas entre pays africains. La déclaration intervient à l’occasion de la signature d’accords bilatéraux avec le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, dont l’un porte sur la libre circulation des personnes entre les deux pays.

Museveni a ciblé les effets concrets des restrictions aux frontières sur les populations locales, soulignant que des habitants de zones frontalières se trouvent bloqués pour des activités ordinaires — faire des achats ou se rendre dans une ville voisine. « Les gouvernements africains doivent cesser de jouer avec la vie de nos populations. Pourquoi les Africains devraient-ils avoir besoin de visas pour traverser les frontières ? Les visas devraient être réservés aux touristes », a-t-il déclaré.

Un appel qui rejoint celui du secteur privé continental

Cette prise de position fait écho au plaidoyer d’Aliko Dangote, PDG du Groupe Dangote et homme d’affaires le plus riche d’Afrique, qui avait porté la même exigence début mai 2026 lors de l‘Africa We Build Summit à Nairobi. Le milliardaire nigérian avait pointé un paradoxe persistant : un ressortissant européen accède à davantage de pays africains sans visa qu’un citoyen du continent lui-même. « Pourquoi ne peut-on pas instaurer la liberté de circulation pour tous les Africains ? Si nous ne le faisons pas, il sera difficile de commercer avec quelqu’un chez qui l’on ne peut pas se rendre facilement », a-t-il déclaré devant l’assemblée.

La convergence entre un chef d’État et l’une des figures les plus influentes du secteur privé africain montre la pression sur les gouvernements pour faire avancer ce dossier, resté bloqué depuis des années au sein de l’Union africaine.

Cinq pays sur 54 ont franchi le pas

À ce jour, seuls cinq États africains accordent un accès sans visa à l’ensemble des ressortissants du continent : le Bénin, la Gambie, le Rwanda, les Seychelles, et le Ghana, dont la mesure entre en vigueur le 25 mai 2026 à l’occasion de la Journée de l’Afrique. Ce dernier maintient toutefois un système de contrôle via une plateforme e-Visa gratuite.

La libre circulation des personnes reste dissociée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), entrée en vigueur en janvier 2021, et fait l’objet de négociations séparées dans le cadre de l’UA, sans calendrier contraignant arrêté à ce jour. En l’absence de calendrier contraignant au sein de l’UA, la déclaration de Museveni reste pour l’heure un appel politique sans mécanisme d’application identifié.

Laisser un commentaire