Le président chinois Xi Jinping a reçu son homologue russe Vladimir Poutine au Palais du Peuple à Pékin, mercredi 20 mai 2026, moins d’une semaine après la visite du président américain Donald Trump dans la capitale chinoise. Les deux dirigeants ont signé une quarantaine de documents, dont un traité de coopération stratégique incluant des clauses militaires, ainsi qu’une déclaration commune en faveur d’un ordre mondial multipolaire.
La visite du président russe intervient dans un calendrier diplomatique chargé : Trump avait quitté Pékin vendredi dernier au terme de la première visite d’un président américain en Chine depuis neuf ans. Poutine, qui en est à sa 25e visite en Chine, a cherché à démontrer que la décrispation sino-américaine n’affecte pas les liens entre Moscou et Pékin. Selon l’agence officielle russe Tass, la quasi-totalité des transactions commerciales entre les deux pays s’effectuent désormais en roubles et en yuans, à l’écart des circuits financiers occidentaux.
Un partenariat stratégique formalisé par 40 accords
Parmi les documents paraphés figure le renouvellement du « Traité de bon voisinage et de coopération amicale », conclu en 2001 sous Poutine et l’ancien dirigeant chinois Jiang Zemin, déjà prolongé une première fois en février 2022 — quelques jours avant l’invasion russe de l’Ukraine. Ce traité-cadre comprend des dispositions relatives à la défense et à la coordination militaire. Vingt et un des quarante accords ont été signés en présence directe des deux chefs d’État. Poutine a décrit les relations bilatérales comme atteignant « un niveau sans précédent », malgré ce qu’il a qualifié de « facteurs extérieurs défavorables ».
Le Moyen-Orient au menu, l’Ukraine absente des discours
Selon Euronews, Xi Jinping a estimé lors des entretiens qu’une reprise des combats au Moyen-Orient serait « inopportune », qualifiant la situation de « moment critique » entre guerre et paix. La guerre en Ukraine n’a pas été abordée publiquement lors du sommet. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré aux journalistes que l’Occident associait cette visite à « l’espoir que le président Xi incite Poutine à mettre fin à cette guerre ».
Les deux dirigeants doivent encore aborder le projet de gazoduc « Force de Sibérie 2 », qui relierait la Russie à la Chine via la Mongolie. Moscou considère ce chantier comme un débouché stratégique pour ses hydrocarbures délaissés par les acheteurs européens depuis 2022. Aucun calendrier de finalisation n’a été annoncé à l’issue du sommet.



