Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a pris position mercredi 29 avril 2026 à Rabat sur les violences qui ont frappé le Mali quatre jours plus tôt. Lors d’une conférence de presse tenue aux côtés du secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau, il a évoqué une «connivence claire entre le séparatisme et le terrorisme» pour qualifier l’offensive du 25 avril contre plusieurs sites militaires et civils maliens.
Une offensive aux conséquences diplomatiques et humaines
Les attaques ont simultanément visé Bamako, Kati, Gao et Kidal, faisant de nombreuses victimes civiles et militaires. Parmi les morts figure le général Sadio Camara, ministre malien de la Défense et numéro deux du pouvoir de transition. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) sont présentés comme les auteurs de l’offensive par plusieurs sources régionales, sans confirmation officielle des autorités maliennes à ce stade.
Bourita a condamné ces attaques au nom du Royaume et réaffirmé le soutien marocain à la stabilité, la souveraineté et l’unité nationale du Mali. La déclaration intervient alors que, le 10 avril 2026, Bamako avait retiré sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD) pour se rallier au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.
Rabat élargit sa lecture sécuritaire au Sahel
En établissant un lien direct entre mouvements séparatistes et groupes armés djihadistes, le Maroc fait évoluer son positionnement diplomatique sur la crise sahélienne. Bourita a qualifié la situation de «phase très critique», appelant les acteurs régionaux et internationaux à intervenir pour briser cette alliance qu’il juge dangereuse au-delà du seul Mali.
Le timing des attaques — survenues deux semaines après le basculement diplomatique de Bamako — alimenterait, selon plusieurs analystes régionaux, des interrogations sur les motivations des groupes impliqués. Aucune autorité n’a établi officiellement de lien de causalité entre ces deux événements.
La Russie, dont les paramilitaires de l’Africa Corps opèrent au Mali, a indiqué par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov qu’elle poursuivrait ses opérations contre l’extrémisme dans le pays, malgré le repli de ses forces à Kidal face à l’avancée du FLA.
Les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne ont condamné les attaques et appelé à une réponse coordonnée face à la montée de l’extrémisme violent au Sahel. Aucune réunion multilatérale formelle n’avait été convoquée à la date de publication.



