Les ministres des Affaires étrangères des BRICS se réunissent depuis jeudi 14 mai à New Delhi pour examiner les grandes crises internationales. L’Iran y demande une condamnation explicite des États-Unis et d’Israël, une initiative qui expose les divergences au sein du bloc émergent.
Cette demande survient dans une situation de tensions régionales. Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël ont mené une campagne de frappes massives contre l’Iran, ciblant ses installations militaires et nucléaires. L’Iran a riposté en fermant le détroit d’Ormuz, une artère cruciale pour le commerce pétrolier mondial, et en lançant des attaques contre les bases américaines et les pays voisins. Un cessez-le-feu convenu le 8 avril reste fragile, et les négociations pour un accord durable piétinent.
L’obstacle de la présence émirati
La position iranienne place les BRICS face à un dilemme inédit. Le bloc fonctionne sur la base du consensus, une règle qui impose l’accord de tous les membres avant toute déclaration commune. Or, les deux positions sont diamétralement opposées : l’Iran réclame une condamnation des États-Unis et d’Israël, tandis que les Émirats arabes unis, membres des BRICS depuis 2023, ont directement subi les attaques iraniennes.
Les Émirats ont signalé plusieurs frappes lancées par le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution iraniens. Pour Abou Dhabi, se rallier à la demande de Téhéran revient à cautionner les attaques contre son propre territoire. Cette incompatibilité rend improbable l’émergence d’une position commune du bloc sur cette crise majeure.
Des accusations et une réserve diplomatique
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a dénoncé la campagne militaire comme un « expansionnisme illégal et bellicisme ». Il a appelé les États membres à condamner ce qu’il qualifie de violations du droit international, notamment contre l’Iran.
Araqchi a toutefois précisé que la République islamique restait disposée à poursuivre les efforts diplomatiques, tout en se réservant le droit de riposter « par tous les moyens disponibles ». Cette formulation laisse ouverte la possibilité d’une escalade.
Les négociations entre Washington et Téhéran, médiatisées par le Pakistan, portent sur la levée du blocus du détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et les sanctions. L’issue de la réunion de New Delhi pourrait influer sur les équilibres régionaux et la capacité du bloc des pays émergents à se positionner face aux tensions internationales.



