Crise au Mali : Tebboune réaffirme la non-ingérence algérienne et tend la main à Goïta

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé sur la crise malienne lors de son entretien périodique avec la presse nationale algérienne, diffusé le 2 mai 2026 sur les chaînes publiques. Affirmant parler « avec le cœur », il a réaffirmé la position constante d’Alger — observer sans interférer — tout en proposant la médiation de l’Algérie si Bamako en formulait la demande.

L’entourage de Goïta pointé du doigt

Tebboune a établi une distinction nette entre le chef de la transition malienne et son cercle proche. Le général Assimi Goïta n’aurait, selon lui, jamais personnellement insulté l’Algérie. Les tensions bilatérales seraient plutôt imputables à certains membres de son gouvernement, dont les prises de position hostiles auraient contribué à dégrader des relations déjà fragilisées. Cette lecture tranche avec le discours habituel d’Alger, qui s’abstenait jusqu’ici de distinguer publiquement Goïta de son administration.

Le chef de l’État algérien a estimé que la situation au Mali « s’oriente vers une instabilité durable » et que l’usage exclusif de la force militaire ne saurait constituer une réponse suffisante à la crise. Il a appelé à une démarche fondée sur le dialogue avec les populations.

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Une médiation conditionnelle après une rupture diplomatique

La main tendue d’Alger intervient alors que les relations entre les deux pays traversent une phase de tensions inédites. Le Mali a officiellement quitté le 2 mai 2026 le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOG), structure de coopération antiterroriste créée en 2010 et basée à Tamanrasset, qui associait également la Mauritanie et le Niger. Ce retrait prive les deux pays d’un cadre de coordination sécuritaire actif depuis quinze ans le long d’une frontière commune de près de 1 400 kilomètres.

Bamako avait par ailleurs dénoncé l’Accord d’Alger de 2015, dont l’Algérie était le principal garant, au terme d’une dégradation progressive des liens diplomatiques jalonnée d’incidents verbaux aux Nations unies.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait réitéré fin avril 2026 le soutien d’Alger à l’unité territoriale et institutionnelle du Mali. Aucune initiative de médiation formelle n’a été annoncée à ce stade.

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