La Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) du Mali a annoncé, le 1er mai 2026, la réception de plus de 830 camions-citernes chargés d’hydrocarbures à Bamako, alors que la capitale malienne traverse depuis plusieurs semaines une pénurie de carburant liée au blocus imposé par le groupe djihadiste Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM).
La veille de cette annonce, de longues files d’attente s’étaient formées devant plusieurs stations-service de la capitale, dont certaines avaient fermé faute d’approvisionnement. La DGCC a précisé que ses agents, en collaboration avec la police nationale, étaient mobilisés pour assurer la distribution du carburant vers les points de vente.
Un blocus actif depuis septembre 2025
Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, a imposé à partir de septembre 2025 un blocus sur les principaux axes routiers reliant Bamako aux ports d’approvisionnement de Dakar, Abidjan et Conakry. Le groupe a menacé de représailles tout transporteur acheminant des hydrocarbures vers la capitale, conduisant à une réduction drastique des convois commerciaux. Des dizaines de camions-citernes ont été incendiés sur plusieurs tronçons, notamment sur la route nationale 7 entre Sikasso et la frontière ivoirienne.
Pour contourner ce dispositif, les Forces armées maliennes (FAMA), appuyées par les paramilitaires russes de l’Africa Corps, ont mis en place un système d’escorte militaire des convois, placés sous surveillance aérienne. C’est dans ce cadre que les 830 citernes annoncées par la DGCC seraient parvenues à destination. Le gouvernement a également signé un accord avec les importateurs de produits pétroliers pour accélérer les procédures douanières et administratives.
Une accalmie fragile
La fourniture en électricité demeure très réduite à Bamako, plusieurs quartiers n’étant alimentés que quelques heures par jour. Le Haut Conseil islamique du Mali a annoncé un grand rassemblement prévu le 2 mai 2026 dans la capitale, sur fond de tension sociale croissante.



