Détroit d'Ormuz : l'Iran frappe un navire de l'entreprise française CMA CGM, plusieurs blessés

Le porte-conteneurs San Antonio, appartenant à l’armateur marseillais CMA CGM, a été frappé par un projectile mardi 5 mai au soir lors de son transit dans le détroit d’Ormuz. Plusieurs membres d’équipage ont été blessés dans l’attaque, qui a également endommagé le navire.

CMA CGM a confirmé l’incident mercredi matin dans un communiqué laconique, précisant que les marins touchés « ont été évacués et reçoivent les soins nécessaires ». L’armateur a indiqué suivre la situation de près et rester pleinement mobilisé aux côtés de l’équipage. Aucun marin français ne se trouvait à bord : le San Antonio est armé par des ressortissants philippins et bat pavillon maltais. Selon des responsables américains cités par CBS News, le navire aurait été atteint par un missile de croisière. L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait signalé dès mardi soir qu’un cargo avait été touché dans le détroit par un projectile d’origine inconnue, sans en préciser l’identité.

Project Freedom suspendu

L’attaque survient deux jours après le lancement par Washington de l’opération Project Freedom, un dispositif d’escorte navale américain destiné à sécuriser le transit de navires commerciaux bloqués dans le Golfe depuis la fermeture du détroit par l’Iran. Le San Antonio figurait parmi les bâtiments tentant de franchir le passage. Quelques heures après la confirmation de l’incident, Donald Trump a annoncé la suspension temporaire de l’opération, invoquant des discussions diplomatiques en cours avec Téhéran. Le détroit d’Ormuz est fermé à la navigation commerciale depuis le 28 février 2026, date à laquelle l’Iran a riposté aux frappes américano-israéliennes en bloquant ce passage stratégique.

Un corridor sous pression

Le San Antonio n’est pas le premier navire de CMA CGM frappé dans la zone. En avril, le porte-conteneurs CMA CGM Everglade avait déjà subi des dommages lors d’une attaque à la roquette au large d’Oman, sans faire de blessés. Depuis la fermeture du détroit, près de 900 navires transportant plus de 20 000 marins restent immobilisés dans la région, selon les données compilées par les autorités maritimes internationales.

Les négociations entre Washington et Téhéran, auxquelles le Pakistan s’est porté médiateur, doivent déterminer si Project Freedom sera relancé ou remplacé par un cadre diplomatique encadrant la réouverture du détroit.

Laisser un commentaire