Fécondité mondiale : 136 pays désormais sous le seuil de renouvellement, selon l'ONU

La fécondité mondiale poursuit sa chute, avec 136 pays et territoires désormais situés sous le seuil de renouvellement des générations de 2,1 enfants par femme, selon les estimations 2026 des Nations unies relayées par StatisticsTimes. En 1950, seuls quatre pays se trouvaient dans cette situation. Le basculement concerne aujourd’hui aussi bien les économies avancées que de nombreux pays émergents.

Sept territoires sous la barre d’un enfant par femme

Les chiffres les plus bas sont enregistrés à Macao (0,70), à Hong Kong (0,75) et en Corée du Sud (0,76). Sept territoires affichent désormais une fécondité inférieure à un enfant par femme. Selon les données de la Banque mondiale et de la Division de la population des Nations unies, le taux de fécondité mondial s’établissait à environ 2,3 enfants par femme en 2023, contre 4,9 dans les années 1950. Aux États-Unis, l’indicateur est tombé à 1,6 en 2024, un plancher historique signalé par l’École de santé publique Johns Hopkins Bloomberg.

L’étude Global Burden of Disease publiée par The Lancet projette que 155 des 204 pays étudiés passeraient sous le seuil de renouvellement d’ici 2050, et 97 % d’entre eux d’ici 2100. L’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington anticipe une fécondité mondiale ramenée à 1,8 en 2050, puis 1,6 en 2100.

Les politiques natalistes peinent à inverser la tendance

Corée du Sud aurait dépensé près de 270 milliards de dollars en seize ans dans des dispositifs de soutien à la natalité, sans enrayer la baisse de son indicateur, selon les chiffres cités par The Lancet. Au Japon, le taux est passé de 1,54 en 1990 à 1,26 en 2022, malgré des congés parentaux allongés et des subventions à la garde d’enfants. Chine a instauré, au 1er janvier 2026, une taxe de 13 % sur les préservatifs et versé 3 600 yuans annuels (environ 500 dollars) par enfant de moins de trois ans, dans le cadre d’un dispositif annoncé en juillet 2025.

Les démographes identifient plusieurs facteurs : élargissement de l’accès à la contraception, scolarisation prolongée des femmes, recul de l’âge au mariage, coût du logement et incertitudes économiques. À Singapour, l’âge moyen au mariage est passé de la fin de la vingtaine à la fin de la trentaine.

Afrique subsaharienne reste à l’écart de cette dynamique, avec une fécondité régionale proche de quatre enfants par femme. Le Tchad conserve le taux le plus élevé du monde, à sept enfants par femme. Selon les projections onusiennes, population mondiale atteindrait son pic au cours des années 2080 avant d’entamer un déclin durable.

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