Cancer de la peau : un vaccin expérimental réduit fortement le risque de récidive

Un vaccin expérimental à ARN messager contre le mélanome a réduit de près de moitié le risque de récidive ou de décès dans un essai clinique présenté le 1er juin à Chicago, aux États-Unis. Les résultats ont été dévoilés lors de la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), l’un des principaux rendez-vous mondiaux consacrés à la recherche sur le cancer.

Le traitement évalué associe l’intismeran, un vaccin thérapeutique personnalisé, à l’immunothérapie pembrolizumab. Selon les données présentées par les chercheurs de NYU Langone Health, cette combinaison a permis de diminuer de 49 % le risque de rechute ou de décès chez des patients atteints d’un mélanome à haut risque après une intervention chirurgicale.

Des résultats supérieurs au traitement standard

L’essai a porté sur 157 patients répartis de manière aléatoire entre deux groupes. Le premier a reçu l’intismeran en complément du pembrolizumab, tandis que le second a bénéficié uniquement de l’immunothérapie, qui constitue aujourd’hui le traitement de référence dans ce type de situation.

Après cinq années de suivi, près de 69 % des patients traités par la combinaison thérapeutique ne présentaient aucun signe de retour de la maladie. Dans le groupe ayant reçu uniquement le traitement standard, cette proportion atteignait 49 %.

Le vaccin est conçu à partir des caractéristiques génétiques propres à la tumeur de chaque patient. Son objectif est d’entraîner le système immunitaire à identifier plus efficacement les cellules cancéreuses afin de renforcer l’action de l’immunothérapie.

Une technologie qui suscite l’intérêt des chercheurs

Le mélanome figure parmi les cancers de la peau les plus agressifs. Lorsque la maladie s’étend aux ganglions lymphatiques ou à des organes éloignés comme les poumons, le foie ou le cerveau, les chances de survie diminuent fortement.

Les spécialistes réunis à l’ASCO ont qualifié ces résultats d’encourageants. Ils estiment que cette approche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles applications des vaccins thérapeutiques à ARN messager dans d’autres formes de cancer.

La recherche dans ce domaine s’est accélérée ces dernières années. Plusieurs essais cliniques exploitant la technologie de l’ARN messager, largement connue depuis la pandémie de Covid-19, sont actuellement en cours pour le mélanome, mais aussi pour les cancers du poumon, de la vessie et du rein.

Des essais toujours en cours

L’intismeran n’est pas encore autorisé pour une utilisation courante. Les laboratoires impliqués dans son développement poursuivent les études cliniques destinées à confirmer son efficacité et sa sécurité à plus grande échelle avant toute éventuelle demande d’autorisation auprès des autorités sanitaires.

Les prochaines données issues des essais de phase avancée seront particulièrement surveillées, car elles pourraient déterminer l’avenir de cette nouvelle génération de vaccins thérapeutiques contre le cancer.

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