Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a annoncé jeudi 7 mai 2026 à Ankara qu’il souhaitait renouveler et élargir le contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) avec l’Algérie, en marge de la visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune en Turquie. Les déclarations ont été faites devant des journalistes au Palais présidentiel, avant la conférence de presse commune avec le président Recep Tayyip Erdoğan.
Le contrat actuel liant la société publique turque BOTAŞ à Sonatrach, qui remonte à 1988 et a été renouvelé à plusieurs reprises, expire en septembre 2027. Bayraktar a indiqué espérer finaliser un nouvel accord avant la fin de l’année 2026, portant les volumes annuels de 4,4 à 6,5 milliards de mètres cubes, dans le cadre d’un engagement contractuel de cinq à dix ans.
Ankara joue la carte de la durée
C’est sur ce point précis que le ministre turc a marqué la différence avec les partenaires européens de l’Algérie. « L’Europe ne peut pas leur offrir un engagement à long terme. Nous leur avons donc dit : soyez tranquilles, nous, nous le pouvons », a-t-il déclaré, selon le quotidien économique turc Dünya Gazetesi. Cette contrainte européenne tient aux objectifs de décarbonation du continent et aux réglementations sur les émissions de méthane, qui rendent les États membres réticents à signer des contrats gaziers dépassant dix ans.
Si le nouveau contrat est conclu aux volumes envisagés, le GNL algérien représenterait environ 30 % du total des importations turques de gaz naturel liquéfié.
Un partenariat élargi à l’exploration offshore
Les discussions entre Ankara et Alger ne se limitent pas au négoce gazier. Des pourparlers sont en cours entre Turkish Petroleum et Sonatrach pour des activités d’exploration pétrolière et gazière dans les eaux algériennes, avec l’utilisation de navires sismiques et de forage turcs, selon Bayraktar.
La Turquie envisage également de réexporter une partie du GNL algérien vers l’Europe du Sud-Est après regazéification sur son territoire, via la Bulgarie. La capacité actuelle du corridor bulgare est de 3,5 milliards de mètres cubes par an, un volume qui pourrait être doublé moyennant des investissements européens.
La visite de Tebboune à Ankara a permis de lancer les négociations sur un accord commercial préférentiel bilatéral, les deux pays visant 10 milliards de dollars d’échanges à l’horizon 2030. La signature du nouveau contrat GNL entre BOTAŞ et Sonatrach est attendue avant la fin de l’année 2026.



