Aliko Dangote, président du Dangote Group, s’est rendu à Oslo pour une réunion avec Nicolai Tangen, directeur général de Norges Bank Investment Management (NBIM), le fonds souverain norvégien qui gère environ 1 900 milliards de dollars d’actifs. Les discussions, tenues en présence des dirigeants de Yara International et de Scatec, ont porté sur un partenariat potentiel couvrant l’énergie, les énergies renouvelables, l’agriculture, les engrais et le ciment.
Une convergence d’intérêts norvégiens
La composition de la délégation norvégienne n’était pas fortuite. Svein Tore Holsether, directeur général de YaraInternational, l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’engrais, et Terje Pilskog, directeur général de Scatec, développeur d’énergies renouvelables disposant d’actifs opérationnels en Égypte, en Afrique du Sud, au Mozambique et au Rwanda, étaient tous deux présents. Dangote Fertilizer, l’usine d’urée de trois millions de tonnes par an achevée à Lagos en 2023, et les ambitions déclarées du groupe dans la production d’électricité à grande échelle dessinent un terrain d’entente concret avec ces deux entreprises.
Le plan stratégique 2026-2028 du NBIM, approuvé par son conseil d’administration fin 2025, prévoit explicitement l’expansion de son portefeuille vers les infrastructures en énergies renouvelables non cotées, avec un plafond d’allocation fixé à environ 38 milliards de dollars. Jusqu’à présent, ces investissements étaient concentrés en Europe et en Amérique du Nord.
Un momentum boursier en toile de fond
La réunion d’Oslo intervient à un moment particulier pour le Dangote Group. Quelques jours avant le déplacement en Norvège, Aliko Dangote a indiqué au Financial Times que Dangote Cement vise une cotation secondaire à la Bourse de Londres d’ici septembre 2026, avec JPMorgan Chase, Citigroup et Standard Bank déjà mandatés. Environ 10 % des actions de la société, qui opère dans onze pays africains avec une capacité installée de 55 millions de tonnes métriques par an, seraient proposées à des investisseurs internationaux.
Aucun accord formel n’a été annoncé à l’issue des discussions d’Oslo. Un partenariat structuré entre le NBIM et le Dangote Group constituerait néanmoins un premier engagement direct du fonds souverain norvégien dans l’industrie africaine, au-delà des obligations souveraines et des actions cotées qu’il y détient habituellement.



