Guerre contre l'Iran : le Congrès révèle l'ampleur des pertes aériennes américaines

Un rapport du Congressional Research Service (CRS), publié le 13 mai 2026 et transmis aux commissions du Congrès américain, chiffre à 42 le nombre d’aéronefs militaires américains détruits, perdus ou endommagés depuis le lancement de l’Opération Epic Fury le 28 février 2026 contre l’Iran. Le document constitue le bilan public le plus détaillé établi à ce jour sur les pertes aériennes subies par l’armée américaine au cours de ce conflit.

Le CRS, organe d’analyse indépendant au service du Parlement américain, a compilé ses données à partir des déclarations du département de la Défense, du Commandement central américain (CENTCOM) et de sources spécialisées dans les affaires militaires. Le rapport précise que ces chiffres restent susceptibles d’être révisés en raison de la classification de certaines informations, de l’activité de combat en cours et des difficultés d’attribution.

Une flotte de drones majoritairement décimée

Les pertes les plus lourdes concernent les aéronefs sans équipage. Vingt-quatre drones MQ-9 Reaper et un drone de surveillance MQ-4C Triton figurent parmi les appareils détruits ou rendus inopérables. Les avions ravitailleurs ont également été durement touchés : sept KC-135 Stratotanker ont été mis hors service, dont un qui s’est écrasé en Irak en début de conflit, tuant les six membres de son équipage. Plusieurs autres auraient été endommagés lors d’attaques iraniennes par missiles et drones contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite.

Parmi les appareils de combat, le rapport recense quatre chasseurs F-15E Strike Eagle, un F-35A Lightning II touché par des tirs sol-air iraniens, un A-10 Thunderbolt II, deux MC-130J Commando II et un hélicoptère de sauvetage HH-60W Jolly Green II.

Le Pentagone sous pression budgétaire

Le coût total des pertes en équipements aériens est estimé à 2,6 milliards de dollars par le département de la Défense, un chiffre que des parlementaires jugent sous-évalué. Lors d’une audition de la sous-commission des crédits de la Chambre le 12 mai, le contrôleur par intérim du Pentagone, Jules W. Hurst III, a indiqué que l’estimation globale du coût des opérations militaires en Iran avait été portée à 29 milliards de dollars. Il a refusé de confirmer publiquement le détail des pertes matérielles, invoquant la nécessité d’un « diagnostic complet » avant toute évaluation des coûts de réparation et de remplacement.

Le rapport du CRS souligne que le remplacement de certains appareils détruits, notamment les F-15E dont la chaîne de production est fermée, nécessiterait la réouverture de lignes de fabrication, avec des délais et des coûts difficilement prévisibles à ce stade.

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