Guerre en Iran : Siavosh Ghazi dénonce des chiffres "totalement faux" diffusés en boucle sur BFMTV

Le correspondant de RFI et France 24 à Téhéran, Siavosh Ghazi, a interrompu une émission en direct sur BFMTV, ce vendredi 1er mai 2026, pour contester publiquement des données économiques présentées sur l’Iran. Le journaliste franco-iranien a mis en cause les affirmations d’un expert en plateau, Sergueï Jirnov, ancien officier du KGB, sur l’endettement et le chômage iraniens.

L’accrochage survient alors que BFMTV diffusait des images de propagande du gouvernement iranien en lien avec le blocus américain. Ghazi, présent à l’antenne depuis Téhéran, sort du cadre du débat initial pour interpeller directement les intervenants parisiens : « Quelles sont les sources des gens qui affirment que l’Iran a une dette de 200 milliards de dollars ? Quelles sont les sources des gens qui affirment que l’Iran est au bord de l’effondrement ? » Il qualifie ces affirmations d’« inacceptables » et dénonce des « chiffres totalement faux » relayés selon lui tout au long de la journée.

Jirnov se dissocie des chiffres contestés

Interpellé directement, Jirnov a nié être à l’origine des données visées. Dans un message publié sur X après l’émission, il a précisé n’avoir présenté que le cours du rial iranien, passé de 1,2 million à 1,8 million de rials pour un dollar entre janvier et mai 2026, chiffres appuyés sur plusieurs sources convergentes. La tension monte d’un cran lorsqu’un rire se fait entendre dans le studio parisien. Ghazi réplique : « Vous pouvez rigoler. Quand vous êtes assis dans votre salon à Paris, vous pouvez rigoler. Moi, je suis sur le terrain. »

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Un correspondant au profil déjà controversé

Cet incident fait suite à celui du 23 mars 2026, où Ghazi avait diffusé en direct sur LCI ses échanges WhatsApp privés avec la rédaction pour dénoncer une « censure systématique », avant de tenter la même manœuvre sur BFMTV, qui avait coupé la liaison en anticipant l’opération. Depuis le début des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, le journaliste de 64 ans s’est imposé comme l’un des seuls correspondants francophones opérant depuis Téhéran, ce qui lui confère un accès médiatique quasi exclusif sur les chaînes françaises, suisses, belges et québécoises.

BFMTV n’avait pas réagi publiquement à la séquence du 1er mai au moment de la publication de cet article.

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