Une étude scientifique publiée en décembre 2020 dans le New England Journal of Medicine revient sur une épidémie d’hantavirus Andes survenue entre novembre 2018 et février 2019 en Argentine. Une étude quelque peu oubliée mais qui reprend ici tout son intérêt alors que les craintes autour d’une nouvelle pandémie se font vives. Cette étude portait en fait sur le taux de létalité de la maladie.
Les travaux, menés par des chercheurs argentins et américains de l’école de médecine Icahn du Mont Sinaï à New York, s’appuient sur des données génétiques, cliniques et épidémiologiques. L’enquête a analysé 34 cas confirmés et 11 décès liés à une transmission interhumaine observée dans la province de Chubut. Ces conclusions servent aujourd’hui de base aux autorités sanitaires qui surveillent plusieurs cas récents.
Un virus avec un taux de létalité autour des 32 %
Les chercheurs décrivent une maladie qui débute par les mêmes symptômes. Il s’agit de la fièvre, d’une grosse fatigue, de douleurs musculaires ou de maux de tête. Chez certains patients, l’état de santé se dégrade rapidement avec des complications respiratoires sévères. Ce que démontre l’étude, c’est que ni l’âge, ni le sexe, ni le statut immunitaire n’apparaissent comme des facteurs décisifs. Le taux de mortalité observé durant cet épisode atteint 32%, un niveau proche de précédents foyers identifiés en Amérique du Sud.
Transmission et incubation
Selon les auteurs, la transmission du virus Andes entre humains se produit principalement lors de contacts rapprochés. Dans 76% des cas étudiés, les contaminations sont liées à des échanges prolongés entre proches ou à des rassemblements collectifs. Les scientifiques évoquent aussi une diffusion par gouttelettes ou aérosols.
Plusieurs chaînes de contamination sont parties d’événements sociaux, notamment une fête d’anniversaire réunissant une centaine de personnes et une veillée funèbre. Plus de la moitié des contaminations secondaires recensées lors du foyer découvert en Argentine, ont eu lieu le jour même de l’apparition de la fièvre chez le patient initial.
L’enquête menée par les chercheurs a également permi de découvrir que la période d’incubation de cette maladie varie de 9 à 40 jours. Le délai moyen entre deux cas successifs est évalué à 23 jours.



