Humiliés par l'Iran, les Émirats veulent créer un fonds dédié à l'armement

Abou Dhabi envisage la création d’un véhicule d’investissement entièrement consacré à la défense. Selon Bloomberg, des discussions préliminaires ont été engagées ces dernières semaines au plus haut niveau de l’État émirati, dans le sillage des frappes iraniennes massives qui ont frappé le pays depuis fin février 2026.

Le prince héritier cheikh Khaled ben Mohammed Al Nahyane et Khaldoun Al Moubarak, directeur général du fonds souverain Mubadala, auraient pris part à ces concertations, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg. Le futur fonds serait distinct des structures financières existantes — dont Mubadala et ADIA — et aurait pour mandat de prendre des participations dans des fabricants d’armements à l’échelle mondiale, tout en accélérant le développement de la production militaire nationale.

800 projectiles sans riposte

La brutalité du bilan des frappes iraniennes explique l’urgence émiratie. Entre fin février et début avril 2026, les Émirats arabes unis ont reçu 438 missiles balistiques, plus de 2 000 drones et 19 missiles de croisière, selon le ministère émirati de la Défense. Si la grande majorité a été interceptée, 57 drones ont fait impact sur le territoire, touchant la raffinerie de Ruwais — contraignant l’ADNOC à interrompre une production de 922 000 barils par jour — ainsi que le port de Dubaï, l’aéroport international et la base navale française Camp de la Paix à Abou Dhabi.

Face à cette campagne de frappes, les Émirats n’ont procédé à aucune riposte offensive. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que le pays «n’a pris aucune décision de modifier sa posture défensive». Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) estimait par ailleurs, fin mars, que les Émirats avaient consommé environ 75 % de leurs stocks de missiles Patriot pour faire face aux vagues successives.

Un précédent industriel déjà engagé

Le groupe de défense parapublic EDGE, qui fédère plus de 35 entreprises spécialisées dans les systèmes d’armes, la guerre électronique et la cyberdéfense, avait anticipé ce pivot. En novembre 2025, il avait conclu une coentreprise de 200 millions de dollars avec l’américain Anduril Industries pour coproduire le drone hybride Omen depuis Abou Dhabi. Le groupe avait également tenté d’acquérir 30 % du fabricant ukrainien de drones longue portée FirePoint pour 760 millions de dollars — une opération rejetée en avril 2026 par le comité antimonopole de Kyiv pour non-conformité aux critères requis.

Les discussions autour du nouveau fonds demeurent à un stade exploratoire. Aucun calendrier ni montant cible n’ont été rendus publics à ce stade.

1 réflexion au sujet de “Humiliés par l'Iran, les Émirats veulent créer un fonds dédié à l'armement”

  1. « Face à cette campagne de frappes, les Émirats n’ont procédé à aucune riposte offensive ».

    On joue sur les mots, les Israéliens ont tiré des missiles sur l’Iran à partir des UAE, et avec la bénédiction des émirs

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