L'Iran suspend les négociations avec les USA et menace de bloquer le détroit d'Ormuz

Téhéran a annoncé lundi 1er juin 2026 la suspension de ses pourparlers indirects avec Washington et menacé de fermer le détroit d’Ormuz, au lendemain de nouveaux bombardements américains sur le sud de l’Iran. La décision, rapportée par l’agence de presse iranienne Tasnim, met un coup d’arrêt aux négociations engagées depuis plusieurs semaines pour mettre fin au conflit qui oppose les deux pays depuis le 28 février.

L’équipe iranienne de négociation a indiqué qu’elle cessait « le dialogue et les échanges de textes via les médiateurs ». Téhéran invoque deux motifs : les violations répétées du cessez-le-feu irano-américain conclu le 8 avril, et les opérations militaires israéliennes au Liban, dont l’arrêt constituait selon l’Iran une condition préalable à tout accord.

Troisième vague de frappes américaines en une semaine

Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a confirmé dimanche soir avoir mené de nouvelles frappes « défensives » sur des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Ces opérations font suite à la destruction d’un drone américain MQ-1 au-dessus des eaux internationales. Washington qualifie ces frappes de « mesurées » et menées « dans l’intention de maintenir le cessez-le-feu ».

Le ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté cette justification, accusant les États-Unis de violer l’accord du 8 avril. Les Gardiens de la Révolution ont menacé d’ouvrir de « nouveaux fronts », tandis que Mohsen Rezaée, conseiller du Guide Suprême, a averti à la télévision d’État que Téhéran perdait « patience ».

Ormuz et Bab al-Mandeb dans le viseur de Téhéran

Tasnim a rapporté que l’Iran et ses alliés avaient « résolu de bloquer complètement le détroit d’Ormuz et d’activer d’autres fronts, dont le détroit de Bab al-Mandeb ». Les prix du pétrole ont bondi de plus de 7 % dans les heures suivant cette annonce, selon CNBC. Environ 20 % du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Aucune date de reprise des pourparlers n’a été fixée. Téhéran a posé comme conditions préalables le retrait israélien des zones occupées au Liban et la cessation totale des opérations militaires à Gaza et au Liban.

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