Le Groupe des travaux maritimes (GTM) et la China Harbour Engineering Company (CHEC) ont signé mardi 27 mai 2026 à Alger un mémorandum d’entente pour la création d’une société mixte algéro-chinoise spécialisée dans le dragage des ports nationaux. La cérémonie s’est tenue au siège du ministère des Travaux publics sous la présidence du ministre Abdelkader Djellaou.
La signature engage le PDG du GTM, Moustapha Saïdani, et le directeur général de CHEC, Sun Yingguan. Étaient également présents les responsables de l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP), de la Méditerranéenne des travaux maritimes (MEDITRAM), de l’Entreprise algérienne de dragage des infrastructures portuaires et hydrauliques (Aldiph) et du Laboratoire des études maritimes (LEM). L’accord intervient en application des instructions du président Abdelmadjid Tebboune, données lors du Conseil des ministres du 19 avril 2026.
Un déficit de profondeurs qui pèse sur l’exploitation portuaire
La future joint-venture aura pour mission de rétablir les profondeurs réglementaires dans les quais, bassins et chenaux de navigation des ports algériens. Ces travaux visent à permettre l’accostage de navires de plus grande capacité, une contrainte technique qui limite aujourd’hui les performances commerciales de plusieurs infrastructures du pays. Le GTM, créé en septembre 2024 par décision du Conseil des Participations de l’État, avait précisément été conçu pour renforcer les capacités nationales dans ce secteur, insuffisantes face à l’ampleur des chantiers prévus.
CHEC, un opérateur déjà ancré dans les infrastructures algériennes
Pour Pékin, cet accord prolonge une présence portuaire déjà substantielle. En 2019, CHEC avait décroché auprès de Sonatrach un contrat de 445 millions de dollars pour la construction d’une jetée GNL au port de Skikda. En février 2024, la même entreprise, à la tête d’un consortium incluant Cosider-TP et MEDITRAM, avait remporté le contrat d’extension du port minéralier d’Annaba — infrastructure directement liée à un partenariat phosphatier sino-algérien de 7 milliards de dollars signé en 2022. Cet accord compléterait un dispositif industriel chinois déjà opérationnel sur la façade maritime algérienne, alors que Tunis et Rabat entretiennent eux aussi des relations infrastructurelles croissantes avec Pékin.
Les modalités de la joint-venture — répartition du capital, conditions de transfert de technologie, parc d’équipements — n’ont pas été rendues publiques à l’issue de la signature. La prochaine étape formelle devrait être la constitution juridique de la société, dont le calendrier n’a pas été précisé par le ministère.



