Maroc : indignation après les propos d'un Émirati sur le mariage des mineures

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrant un ressortissant émirati proposer de mettre en relation des hommes âgés avec des « filles de 14 ans » au Maroc a déclenché une vague d’indignation au Maroc. L’ONG Touche pas à mon enfant a saisi le Procureur général du Roi à Rabat pour demander l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Dans la séquence filmée depuis l’intérieur d’une voiture, l’homme déclare : « Que celui d’entre vous qui prend de l’âge vienne. Au Maroc, je lui donnerai une fille de 14 ans. » Les images ont rapidement circulé, provoquant de nombreuses condamnations en ligne. Une seconde vidéo, distincte, montrerait le même ressortissant en interaction avec une personne se présentant comme gestionnaire d’un bureau de mariage, laissant présumer, selon l’ONG, une possible facilitation de pratiques liées à l’exploitation sexuelle de mineures.

Une saisine formelle du parquet

Touche pas à mon enfant a adressé en urgence un courrier au Procureur général du Roi près la présidence du Ministère public à Rabat, réclamant l’identification des personnes impliquées et des poursuites contre tout responsable avéré. L’organisation souligne que tout contenu numérique facilitant ou encourageant l’exploitation de mineurs constitue une infraction grave au regard de la législation marocaine. Elle appelle les familles à signaler tout contenu suspect susceptible de menacer la sécurité des enfants.

Interpellé par la polémique, l’Émirati est réapparu dans une vidéo pour tenter de se justifier, affirmant que l’expression « fille de 14 ans » renverrait, dans le dialecte émirati, à une jeune femme en âge légal de se marier, et non à une mineure. Il a présenté ses excuses « si ses propos ont été mal compris ».

Un débat national relancé

L’affaire survient alors que le Maroc traverse une période de révision de son Code de la famille, la Moudawana. En décembre 2024, le ministre de la Justice a présenté des propositions visant à restreindre les dérogations au mariage des mineures, actuellement accordées par les juges dès l’âge de 15 ans. Malgré la fixation de l’âge légal du mariage à 18 ans depuis 2004, plus de 13 000 mineures ont encore été mariées au Maroc en 2022 grâce à ces exceptions judiciaires. À l’échelle mondiale, l’UNICEF estimait début 2025 que 650 millions de filles et de femmes en vie ont été unies avant leur majorité.

La suite de l’affaire dépend désormais de la réponse du Ministère public à la saisine de Touche pas à mon enfant, dont aucune décision officielle n’avait encore été rendue publique au moment de la publication de cet article.

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