Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi a affirmé vendredi que les navires battant pavillon de pays non impliqués dans le conflit contre l’Iran pouvaient franchir le détroit d’Ormuz. La déclaration a été faite à New Delhi, où le ministre participait à une réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS.
Araqchi a précisé que Téhéran n’avait « aucune confiance » dans les États-Unis et qu’il ne traiterait qu’avec un interlocuteur qu’il juge sérieux, fermant la porte à toute négociation directe avec Washington dans l’immédiat.
Des garanties limitées par les violations récentes
La déclaration intervient dans un climat de cessez-le-feu fragilisé par plusieurs incidents militaires en moins d’une semaine. Le 5 mai, le porte-conteneurs San Antonio, lié au groupe français CMA CGM, a été touché dans le secteur du détroit, blessant huit membres d’équipage. Trois jours plus tard, deux pétroliers iraniens ont été frappés par des frappes américaines dans la même zone.
Ces incidents illustrent l’écart entre les déclarations diplomatiques et les conditions réelles de navigation. Depuis le 24 mars, l’Iran avait déjà notifié l’Organisation maritime internationale que les navires « non hostiles » pouvaient transiter, sous réserve de coordination préalable avec les autorités iraniennes et du respect de routes imposées par Téhéran, notamment un couloir contournant l’île de Larak.
Un trafic qui peine à se normaliser
Le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué depuis le 28 février, date des frappes conjointes américano-israéliennes qui ont déclenché le conflit et entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei. Selon la société d’analyse Kpler, seuls 144 passages y ont été enregistrés entre le 1er et le 21 mars, soit une baisse de 95 % par rapport au rythme habituel. Quelque 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures transite par cette voie maritime.
La France et le Royaume-Uni coordonnent depuis le 17 avril une initiative réunissant une cinquantaine d’États pour sécuriser la navigation commerciale dans le Golfe. Une mission d’escorte neutre est en cours de planification, avec une réunion de coordination prévue à Londres dans les prochaines semaines.



