Pour Emmanuel Macron, la réforme du franc CFA relève des dirigeants africains

Emmanuel Macron a appelé les responsables politiques ouest-africains à prendre l’initiative pour transformer leur système monétaire, lors d’une interview à France 24 le 12 mai en marge du sommet Africa Forward qui s’achevait à Nairobi. Le président français estime que la France a rempli son engagement en levant les obstacles structurels à une réforme du franc CFA, monnaie commune à 14 pays du continent depuis 1945.

« C’est aux dirigeants de l’Afrique de l’Ouest de décider », a déclaré Macron, rappelant qu’il avait lui-même ouvert la voie en 2019 lors d’une visite en Côte d’Ivoire en acceptant de supprimer les mécanismes de réserve obligatoire qui liaient les banques centrales régionales au Trésor français. La France continue de garantir la stabilité de la monnaie en la rattachant à l’euro, une protection que les pays africains ont expressément demandé à maintenir.

Une intégration régionale attendue

Le projet d’une monnaie unique baptisée « Eco » rassemblerait théoriquement 15 États de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), mais reste bloqué depuis plusieurs années. Macron a insisté sur l’urgence d’une intégration commerciale et monétaire plus large, condition qu’il juge nécessaire pour le développement économique du continent. Il a mentionné avoir discuté de cette question avec des chefs d’État de la région lors du sommet de Nairobi.

Les obstacles à cette unification se sont multipliés. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté la CEDEAO en 2023 pour former l’Alliance des États du Sahel. Parallèlement, la conjoncture économique mondiale — consécutives à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine — a compliqué la mise en œuvre de réformes que les gouvernements africains hésitent à engager sans certitude sur la stabilité financière.

Une balle au pied des gouvernements africains

Macron a précisé qu’il attendait des dirigeants africains qu’ils franchissent l’étape suivante : abandonner le nom de « franc CFA » et sortir des contraintes du système actuel. Selon lui, cette évolution relève exclusivement de leurs responsabilités. « Je ne peux pas prendre la décision pour eux. Ce n’est pas moi qui gère la politique monétaire du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé.

L’initiative revient désormais aux autorités régionales, qui doivent démontrer leur volonté d’harmoniser leurs politiques économiques et monétaires pour concrétiser les projets d’intégration qui traînent depuis près de trois décennies.

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