Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), a affirmé jeudi 7 mai 2026 que l’ensemble de la communauté du renseignement américaine, CIA incluse, concluait avant le déclenchement de la guerre que l’Iran ne développait pas d’arme nucléaire. Cette déclaration publiée sur X relance le débat sur les justifications avancées par l’administration Trump pour entrer en guerre contre Téhéran en février 2026.
Une évaluation unanime ignorée
Selon Kent, les agences de renseignement américaines s’accordaient non seulement sur l’absence de programme nucléaire militaire actif en Iran, mais avaient également anticipé avec précision les représailles iraniennes : ciblage des bases américaines dans la région et fermeture du détroit d’Ormuz. « La narrative et l’agenda développés par un gouvernement étranger — Israël — ont emporté l’argument et nous ont forcés dans cette guerre », a-t-il écrit.
Ces déclarations rejoignent des évaluations institutionnelles antérieures. Lors d’une audition sénatoriale du 25 mars 2025, la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard avait indiqué dans son exposé écrit que la communauté du renseignement estimait que le Guide suprême Ali Khamenei n’avait pas réautorisé le programme d’armement nucléaire suspendu en 2003. L’AIEA, dans un rapport du 31 mai 2025, n’avait relevé aucune indication crédible d’un programme structuré visant à produire une arme.
Une démission et une enquête du FBI
Kent avait démissionné de son poste en mars 2026, affirmant dans sa lettre de départ que l’Iran « ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis. Il est depuis lors visé par une enquête du FBI pour des fuites présumées d’informations classifiées, selon CBS News. Le parquet n’a pas commenté l’affaire.
La Maison Blanche a rejeté ses déclarations. Le porte-parole Davis Ingle a qualifié ses propos de « truffés de mensonges », assurant que le président Trump avait agi sur la base de preuves solides d’une menace imminente. La porte-parole Karoline Leavitt a ajouté que Kent n’avait pas participé aux réunions de préparation à la guerre.
Fin mai 2025, avant les premières frappes israélo-américaines de juin, la Defense Intelligence Agency estimait qu’il aurait fallu à l’Iran probablement moins d’une semaine pour produire suffisamment d’uranium enrichi à des fins militaires — sans pour autant conclure à l’existence d’une décision politique de weaponisation. Les négociations indirectes entre Washington et Téhéran sur le dossier nucléaire se poursuivent, selon le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.



