L’État russe est devenu propriétaire majoritaire de Rusagro, l’un des principaux groupes agroalimentaires du pays, après une décision rendue par un tribunal de Moscou le 5 mai. Le fondateur de l’entreprise, le milliardaire russe Vadim Mochkovitch, est détenu depuis mars 2026 dans une affaire de corruption qu’il conteste.
D’après l’agence russe Interfax, la justice a ordonné le transfert à l’État de 65 % des actions du groupe. Cette participation était détenue par Vadim Mochkovitch et d’autres actionnaires liés à la direction historique de l’entreprise.
La justice ordonne la confiscation des actifs
Le parquet russe accusait l’ancien sénateur de la région de Belgorod d’avoir poursuivi des activités commerciales alors qu’il exerçait un mandat parlementaire entre 2006 et 2014. Les procureurs lui reprochent également d’avoir utilisé sa position pour favoriser les intérêts de Rusagro.
Au cours de l’enquête, les autorités ont saisi 29 millions de roubles en devises, soit environ 330 000 euros selon le taux mentionné dans le dossier judiciaire. Des avoirs évalués à 10,5 milliards de roubles ont aussi été gelés. Les mesures concernent également des participations détenues par Vadim Mochkovitch dans plusieurs autres sociétés russes.
Le milliardaire, arrêté en mars 2026, rejette les accusations portées contre lui. Les autorités russes n’ont pas annoncé à ce stade de date pour un éventuel procès sur le fond.
Rusagro parmi les grands groupes agricoles russes
Créé dans les années 1990, Rusagro figure parmi les principaux producteurs russes de sucre, d’huiles végétales et de viande porcine. Le groupe exploite également d’importantes surfaces agricoles dans plusieurs régions du pays.
Cette reprise par l’État n’est pas une première. En 2024, l’État russe avait déjà obtenu la nationalisation du groupe Makfa, l’un des plus importants fabricants de pâtes alimentaires du pays. Les anciens propriétaires étaient eux aussi visés par des accusations de corruption et d’activités incompatibles avec des fonctions publiques.
La décision concernant Rusagro ouvre désormais la voie à une prise de contrôle directe du groupe par les autorités russes, qui devront désigner les structures chargées d’administrer ces actifs transférés à l’État.



