Sénat au Bénin : Théodore Holo évoque une installation après l’investiture présidentielle

Invité de l’émission « L’Entretien Grand Format » de Bip Radio, dimanche 3 mai 2026, le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle et membre de droit du futur Sénat, a détaillé les étapes de mise en place de la nouvelle chambre haute. Il a notamment évoqué le calendrier d’installation, le rôle de l’institution et les règles qui encadreront son fonctionnement.

Selon ses explications, l’entrée en fonction du Sénat devrait intervenir après la prestation de serment du président de la République élu, prévue le 24 mai 2026. L’installation pourrait ainsi se tenir courant juin, sous réserve du respect des préalables institutionnels.

Un calendrier conditionné par des préalables juridiques

Théodore Holo a indiqué que la mise en place effective du Sénat dépend de plusieurs étapes, notamment la désignation complète de ses membres et l’élaboration de son règlement intérieur. Ces éléments sont nécessaires pour encadrer le fonctionnement de l’institution dès son installation.

Il a également précisé que les premières activités devraient se dérouler à Cotonou, dans un site provisoire, en attendant l’achèvement du siège définitif en cours de construction. L’installation protocolaire pourrait toutefois intervenir à Porto-Novo, conformément aux usages institutionnels.

Une présence non déterminante lors de la prestation de serment

Interrogé sur la participation du Sénat à la cérémonie d’investiture présidentielle, le constitutionnaliste a indiqué que la présence de ses membres relève du protocole et n’affecte pas la validité juridique de l’acte. « Il est dit que le serment est reçu par le président de la Cour constitutionnelle (…) Les autres qui sont là ne signent pas le PV, c’est protocolaire », a-t-il déclaré sur Bip Radio. Selon lui, l’absence éventuelle du bureau du Sénat lors de cette cérémonie ne remettrait pas en cause la régularité de la prestation de serment, qui reste du ressort exclusif de la Cour constitutionnelle.

Une mission de régulation sans pouvoir de sanction

Sur le rôle de la future institution, Théodore Holo a expliqué que le Sénat interviendra comme organe de régulation dans le processus législatif, avec une attention particulière portée aux lois constitutionnelles, électorales et celles relatives aux partis politiques. Les questions budgétaires ne relèveront pas de sa compétence.

Il a insisté sur le fait que cette mission ne s’apparente pas à un pouvoir disciplinaire sur les députés. Les parlementaires conservent leur liberté d’expression, protégée par les dispositions constitutionnelles relatives à l’immunité.

Le professeur a également défendu l’utilité d’une seconde chambre dans un système politique où l’Assemblée nationale peut refléter une majorité unique. Le Sénat, composé en partie de personnalités non engagées dans la compétition électorale, serait appelé à apporter un regard complémentaire sur les textes examinés.

Un cadre institutionnel en cours de finalisation

Abordant la question de la présidence du Sénat, Théodore Holo a indiqué qu’il ne comptait pas briguer ce poste, renvoyant le débat à une phase ultérieure, après l’adoption du règlement intérieur. La création du Sénat découle de la révision constitutionnelle adoptée en décembre 2025 par l’Assemblée nationale, qui introduit le bicaméralisme dans le système parlementaire béninois. L’installation effective de l’institution marquera une nouvelle étape dans l’organisation des pouvoirs publics, attendue dans les semaines suivant l’investiture présidentielle.

4 réflexions au sujet de “Sénat au Bénin : Théodore Holo évoque une installation après l’investiture présidentielle”

  1. On a vidé complètement les prérogatives de l’assemblée nationale .
    Des non élus sénateurs qui prennent le pas sur des nommés deputés .
    Un véritable imbroglio juridique .
    Djogbenou l’idéologue de Talon pris à son propre jeu.
    Cherchez l’erreur

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    • Cette nouvelle configuration constitutionnelle taillée sur mesure pour protéger un seul homme ne tiendra pas la route .
      A t-on besoin d’un Sénat pour lui accorder une immunité ???
      Notre pays a toujours été de tradition pacifiste . On accorde facilement le pardon à ceux qui ont péchés dans l’exercice de fonctions régaliennes .
      Même si pour ce dernier ; le pardon est une faute .
      On s’en remet à Dieu pour le pardon de ses péchés .
      Tout est grâce 🙏

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