Sénégal : elle accuse son oncle de viol, l'enquête révèle un réseau de proxénétisme à Saly

Le Commissariat Urbain de Saly a déféré au parquet trois individus le 30 avril 2026, à l’issue d’une enquête ouverte sur une plainte pour viol déposée cinq jours plus tôt par une jeune femme contre son propre oncle. L’instruction a rapidement débordé le cadre initial pour exposer un réseau de proxénétisme organisé dans la station balnéaire sénégalaise.

Le 25 avril, la plaignante affirme avoir été contrainte à des rapports sexuels filmés par son oncle, qui l’hébergeait sous prétexte de lui trouver un emploi. Elle décrit un chantage : la menace de diffuser les images auprès de son père. Le mis en cause reconnaît les faits filmés d’après les informations de la police, mais réfute tout viol, évoquant des pratiques consenties.

La perquisition élargit le périmètre de l’affaire

La fouille du domicile de l’oncle a livré un matériel révélateur : sextoys, lubrifiants, équipements informatiques et audiovisuels, ainsi qu’une garde-robe légère. L’exploitation des appareils numériques saisis — iPhone, MacBook et disques durs — a orienté l’enquête dans une tout autre direction. Les enquêteurs y ont découvert des vidéos impliquant l’oncle, la nièce et une tierce femme, ainsi que des contenus mettant en scène d’autres partenaires et des connexions vers des plateformes pornographiques.

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La troisième personne interpellée, qui se présente comme commerçante et travailleuse du sexe, a reconnu sa participation aux rencontres filmées. Elle affirme avoir été mise en relation avec le duo par une intermédiaire sollicitée sur TikTok, chargée d’organiser ses rendez-vous sur des plateformes spécialisées moyennant commission.

La position de la plaignante fragilisée par ses propres messages

La tentative de la nièce d’invoquer la contrainte morale s’est heurtée aux éléments tirés de son propre téléphone : messages à caractère affectueux et photos intimes envoyés spontanément à son oncle ont conduit les enquêteurs à nuancer la version initiale.

Les trois mis en cause ont été déférés au parquet pour association de malfaiteurs, collecte et diffusion illicite de données à caractère pornographique, incitation à la débauche, actes contre nature et proxénétisme. Ces infractions sont réprimées par le Code pénal sénégalais, notamment en ses articles relatifs aux atteintes aux mœurs et à l’exploitation sexuelle. La décision du parquet sur les suites à donner déterminera la prochaine étape judiciaire de l’affaire.

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