Le département américain du Trésor a sanctionné, le 29 mai 2026, un réseau iranien d’approvisionnement illicite ayant détourné des technologies militaires à usage restreint auprès d’entreprises américaines, en transitant par Dubaï. L’opération, menée dans le cadre du programme de sanctions « Economic Fury », a été conduite en coordination avec le département du Commerce et le bureau de Los Angeles du FBI.
Le réseau était piloté depuis l’Iran par Ali Majd Sepehr, dont les équipes ont créé de faux sites internet reproduisant l’identité visuelle de sociétés américaines existantes. Les commandes passées auprès de fournisseurs américains étaient acheminées vers des intermédiaires établis aux Émirats arabes unis, avant d’être réexpédiées vers l’Iran en violation des sanctions internationales. Parmi les équipements ciblés figuraient des analyseurs de spectre et des détecteurs de jonctions non linéaires — des instruments utilisés en contre-espionnage et en surveillance électronique — destinés au ministère iranien de la Défense (MODAFL).
Un réseau au service de l’industrie militaire iranienne
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a désigné plusieurs entités dubaïotes comme points de transit dans ce dispositif. Le MODAFL, bénéficiaire final des équipements, supervise l’ensemble de la recherche, du développement et de la production d’armements en Iran. Ses acquisitions illicites portaient notamment sur des composants destinés aux systèmes de missiles sol-air et à des programmes d’aéronefs militaires, selon les éléments publiés par le Trésor américain.
Ce schéma de contournement des embargos technologiques est documenté depuis plusieurs années. Dès décembre 2025, le Bureau australien des sanctions alertait sur l’utilisation systématique par Téhéran de sociétés écrans à courte durée de vie et d’intermédiaires régionaux pour accéder à des équipements sous embargo.
Une double pression au moment des négociations
La publication de ces sanctions est intervenue quelques heures après une réunion à la Maison Blanche consacrée à un possible accord intérimaire avec Téhéran. Brett Erickson, expert en sanctions chez Obsidian Risk Advisors, a déclaré à Radio Free Europe que ces mesures « semblent moins relever de la guerre économique que de la gestion de réputation ».
Le département d’État a annoncé simultanément une récompense de 15 millions de dollars pour toute information permettant de démanteler les mécanismes financiers des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et leurs réseaux affiliés. Aucune date limite n’a été fixée pour cette offre, qui reste ouverte.



